LE BUREAU DES SÉRIES. Après « Le Bazar de la charité » et « Les Combattantes », TF1 dégaine sa nouvelle saga historique, qui s’installe à Nice alors que les ouvriers profitent de leurs premiers congés payés.C’est sous les meilleurs auspices que débute le très attendu L’Été 36. Dans tous les sens du terme. Côté audiences d’abord. Diffusés lundi 18 mai sur TF1 (et disponibles sur TF1 +), les deux premiers épisodes (sur 6) de cette nouvelle fresque historique sur fond de premiers congés payés ont réuni 4,37 millions de curieux (pour une PDA de 26,6 %) en moyenne. Un excellent score et le meilleur pour une fiction du lundi sur la Une depuis mars 2025 (et Carpe Diem).Après Le bazar de la Charité et Les combattantes, la dernière née sérielle de l’anthologie de la productrice Iris Bucher (Quad Drama) est ensuite portée par une affiche attrayante. Auréolées de leurs succès dans Brocéliande et Flashback, Nolwenn Leroy et Constance Gay rejoignent Sofia Essaïdi (qui reviendra bientôt sur TF1 dans Intraçable) et Julie de Bona pour camper quatre héroïnes aux destins croisés et… contrariés. Elles sont entourées par une galerie prestigieuse de comédiens, parmi lesquels Miou-Miou, Pascal Elbé, François-Xavier Demaison ou encore Sam Karmann.Sur le fond enfin. La série s’ouvre à Nice sous un soleil radieux, qui baigne la promenade des Anglais noire de monde : les ouvriers y sont en effet venus profiter pour la première fois de la semaine de vacances, tout juste instaurée par le Front populaire. L’ambiance est à la fête sous le regard horrifié et désapprobateur de la haute bourgeoisie, réfugiée sous les ors de l’Hôtel Riviera. « La France est en déclin », se lamentent ses riches clients. Alors quand un procureur est retrouvé assassiné dans sa suite, ils n’ont aucun doute : le coupable se cache parmi les prolétaires…Formellement, L’Été 36 rayonne : le faste des (2000) costumes et des décors participe à la reconstitution soignée et sans doute fantasmée du Nice des années 30. L’image est belle, les détails travaillés. Mais si le cadre est luxueux, le portrait de la période – passionnante –, est trop rapidement esquissé. La lutte des classes, la montée du fascisme, la condition féminine sont ainsi réduits à une simple toile de fond d’une murder party option saga romanesque (à moins que ce ne soit l’inverse), antagonistes caricaturaux en prime. Qui a tué le magistrat avec un coupe-papier dans sa suite du Riviera ? La partie se joue entre la riche amante, la glaciale gouvernante, ou encore l’héritière déclassée… À charge pour une jeune enquêtrice futée de résoudre ce cluedo distrayant mais trop balisé pour vraiment se distinguer.L’Été 36, saison 1 (TF1 et TF1 +). De Marie Deshaires et Catherine Touzet d’après idée originale d’Iris Bucher. Avec Julie de Bona, Nolwenn Leroy, Sofia Essaïdi, Constance Gay, Pascal Elbé, Miou-Miou… 6x52 mn.« The Boroughs : retraite rebelle » : un « Stranger Things » chez le 3e âge…« The Boroughs », sur Netflix, avec Denis O’Hare, Alfred Molina et Alfre Woodard. NETFLIX Cinq mois après avoir fermé la porte du monde à l’envers de Stranger Things, Matt et Ross Duffer, qui ont signé un contrat de 4 ans avec Paramount +, ouvrent l’ultime chapitre de leur collaboration avec Netflix en présentant The Boroughs, retraite rebelle, leur nouvelle production disponible depuis le 21 mai.Dans ce thriller surnaturel gentiment horrifique, les adolescents à vélo de Hawkins ont cédé la place à des seniors en voiturettes, qui profitent de leur retraite à The Boroughs, paisible village érigé en plein milieu du désert du Nouveau-Mexique pour leur seul bénéfice. Un vrai paradis agrémenté de golfs, spas et centres commerciaux pour le troisième âge, mais un enfer pour Sam, qui vient de perdre sa femme et y emménage contre son gré afin de respecter ses volontés.D’abord rétif à toute socialisation, cet ancien ingénieur finit pourtant par sympathiser avec ses voisins avant d’assister à la mort de l’un d’eux, causée par une monstrueuse créature. Ses nouveaux amis refusent d’abord de le croire avant de se rendre à l’évidence : des monstres rôdent dans leur communauté. Ensemble, ils décident d’éradiquer la menace…Difficile de ne pas penser à Cocoon ou à Alien – voire à Desperate Housewives et son Wisteria Lane pour le portrait d’une petite communauté – devant ce fantastique baroud mené par une impressionnante brochette de stars. Fidèles à leurs obsessions, les frères Duffers les ont confrontées à des rencontres du troisième type très référencées, teintées d’humour et d’amitié. Ils y ont greffé une touchante réflexion sur le deuil, le temps qui passe et la place de personnes âgées dans la société. Un combo sans réelle surprise mais parfaitement exécuté… et interprété.The Boroughs : retraite rebelle, saison 1 (Netflix). De Jeffrey Addiss et Will Matthews, avec Bill Pullman, Geena Davis, Alfred Molina… 8x60 min.Une info en plus :Harry Potter : déjà un départ à Poudlard…Pas encore diffusée, la série adaptée de la saga littéraire de J.K. Rowlings voit déjà l’une de ses jeunes sorcières quitter le château de Poudlard… et le plateau. Il s’agit de Gracie Cochrane qui interprétait Ginny Weasley, la sœur de Ron et future petite amie de Harry Potter : « Suite à des circonstances imprévues, Gracie a pris la décision difficile de se retirer du rôle de Ginny Weasley dans la série HBO Harry Potter après la saison 1, a fait savoir la famille dans un communiqué. Le temps qu’elle a passé dans le monde d’Harry Potter a été véritablement merveilleux […]. » Son personnage sera donc recasté pour la saison 2, déjà en préparation. La saison 1, elle, débutera le 25 décembre sur HBO Max.