Il a l’œil cerclé de violet, une plaie à la tempe gauche et montre son omoplate blessée. À 57 ans, Julien Cabral vient d’effectuer son premier embarquement au sein de la « Flottille pour Gaza » qui vise à briser le blocus du territoire palestinien.Ce citoyen belge originaire du port d’Anvers se trouvait à bord d’un petit voilier parti de Turquie avec six autres personnes - un Italien, un Belge, un Malaisien, un Finlandais, un Canado-Palestinien et un Sud-Africain.Lundi, une dizaine de membres des forces israéliennes les ont interceptés dans les eaux internationales à plus de 500 km des côtes israéliennes, assure-t-il jeudi à son arrivée à l’aéroport d’Istanbul, où la Turquie a évacué par vols spéciaux 422 personnes, dont 85 citoyens turcs, et déployé des médecins et des ambulances.« Ils ont d’abord brouillé les communications puis sont montés à bord, en pleine journée, avec des fusils et ont tiré des balles en plastique, seulement pour s’amuser », relève-t-il, ajoutant : « On a su qu’on était le douzième navire intercepté ».« On a été surpris, il y avait des corvettes partout autour de nous. Ils sont intervenus avec beaucoup de violence alors qu’on avait tous les mains en l’air ». Selon lui, il s’agissait de commandos de marine : « on les connaît », dit-il.« Coup de poing sur la tempe »« Moi, j’étais le second sur le bateau. Notre capitaine, un Italien, était encore debout et ils l’ont directement visé. Moi j’ai pris un coup de poing sur la tempe gauche », affirme-t-il.« Puis ils nous ont transférés, toujours avec violence, les mains serrées par des colliers en plastique sur ce navire prison, dans des conteneurs. Je les ai entendus dire, en anglais, let’s have some fun (amusons-nous) », poursuit-il.« Pendant trois jours, on a demandé à voir un médecin. Ils répondaient plus tard, plus tard… Ils ont confisqué les médicaments d’une personne qui souffrait d’épilepsie. À bord du bateau le Sirius, sept personnes à elles seules totalisent 35 fractures », affirme-t-il en montrant ses côtes et ses bras.VidéoViolences sur les militants pro-Gaza : la vidéo d'un ministre israélien provoque un tolléÀ bord, les militaires leur ont lancé du pont supérieur des cartons remplis de pain et d’eau « mais pas en quantité suffisante ». « On devait être 200… On a demandé davantage d’eau, du papier-toilette, des tampons pour les femmes, il fallait tout réclamer ».Débarqués mercredi et emmenés en fourgons cellulaires, entassés, près d’Ashdod, dans le sud d’Israël, ils ont été jetés en cellule, « les menottes toujours trop serrées, pliés en deux pendant des heures : on ne pouvait rien voir, ils appuyaient sur notre nuque », mime-t-il.« Et ça continuait à donner des claques, à insulter… Des gens riaient avec eux, jouaient l’hymne israélien. Ils étaient particulièrement durs avec les Jordaniens, les Tunisiens », détaille-t-il.Jeudi matin, ils ont finalement été transférés à l’aéroport de Ramon, près d’Eilat, dans le sud d’Israël. « Là, on a encore eu droit aux insultes ».« On va continuer »Ce militant compte regagner la Belgique vendredi, après avoir enfin vu un des médecins qui attendaient les évacués. Et compte repartir avec la prochaine flottille. « Sûr et certain. On va continuer », jure-t-il.Bilal Kitay, un Turc originaire de Bingöl, une ville en majorité kurde de l’est de la Turquie, serre son épouse dans ses bras ; à 44 ans, il vient de boucler sa deuxième mission avec la « Flottille pour Gaza », à bord d’un voilier en compagnie d’une dizaine de militants.Il est formel : cette interception par les forces israéliennes était « beaucoup, beaucoup plus violente que la précédente », en avril. « Ils nous ont attaqués, chacun de nous a été battu, les femmes comme les hommes, beaucoup hurlaient. Mais vraiment, ça n’a aucune importance. C’est ce que vivent en permanence les Palestiniens », affirme Bulal Kitay.« Malheureusement, ils traitent mieux leurs animaux. Eux seuls se considèrent comme des humains », martèle-t-il avec la ferme intention de repartir par le prochain convoi.
Flottille pour Gaza : « coup de poing », « fractures », « insultes »… Un citoyen belge dénonce les mauvais traitements infligés par les forces israéliennes
Le petit voilier, parti de Turquie avec à son bord sept personnes, dont le Belge, a été intercepté lundi par les forces israéliennes. Une fo













