Monde Proche et Moyen-OrientGaza, prison à ciel ouvertMonde. La diffusion par le ministre israélien Itamar Ben Gvir d’une vidéo montrant des militants de la flottille humanitaire pour Gaza humiliés après leur interpellation a provoqué une vague de condamnations, y compris au sein du pouvoir israélien.Publié le 21/05/2026 à 08:37Le ministre de la Sécurité nationale Ben Gvir a été critiqué jusque dans son camp pour son comportement humiliant envers les militants de la Flotille globale Sumud pour Gaza, interpellés mardi par la marine israélienne. REUTERSLa vidéo, diffusée sur les réseaux sociaux par un ministre israélien, a provoqué un tollé international. Sous-titrée "Bienvenue en Israël", elle montre des dizaines de militants de la flottille humanitaire pour Gaza — interceptée mardi 19 mai par la marine israélienne — sur le pont d’un bateau militaire puis dans un centre de détention, forcés de s'agenouiller, recroquevillés, le front posé au sol et les mains ligotées dans le dos.Sur les images, le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, tout sourire, arpente les rangs de ces interpellés traités comme des otages. "Ils sont venus en grands héros", lance-t-il, alors qu'il exhibe un grand drapeau israélien. "Regardez-les maintenant. Regardez à quoi ils ressemblent maintenant, pas à des héros, à rien." Une des militantes est mise au sol devant le ministre par des agents israéliens pour avoir chanté "Free, free Palestine".Les navires de la flottille Global Sumud (mot qui signifie "persévérance" en arabe) avaient pris la mer pour la troisième fois jeudi dernier depuis le sud de la Turquie, après de précédentes tentatives ayant échoué, pour tenter de briser le blocus israélien de la bande de Gaza afin de fournir une aide aux habitants de l'enclave palestinienne confrontés à une crise humanitaire. Les précédentes fois, les bateaux avaient été arrêtés dans les eaux internationales. Cette fois, l'ONG israélienne des droits de l'homme Adalah affirme que ses militants ont été "interpellés au port d'Ashdod" et "amenés en Israël contre leur gré" jusqu’à la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev.Une vague de condamnations internationalesLa diffusion de ces images a provoqué colère et indignation chez de nombreux pays membres de la communauté internationale. La France, l'Italie, les Pays-Bas, le Portugal, l'Espagne ou encore le Canada ont annoncé qu'ils convoquaient les ambassadeurs israéliens en poste chez eux, tandis que la Corée du Sud ou la Turquie ont critiqué l'attitude des forces israéliennes."Les agissements de M. Ben Gvir à l'égard des passagers de la flottille Global Sumud (...) sont inadmissibles", a écrit le ministre des Affaires étrangères français sur X. "La sécurité de nos compatriotes est une priorité constante", poursuit dans son message Jean-Noël Barrot. "Quoiqu’on pense de cette flottille — et nous avons indiqué à plusieurs reprises notre désapprobation de cette démarche —, nos compatriotes qui y participent doivent être traités avec respect et libérés dans les plus brefs délais." "Regardez cette vidéo. Ce ne sont pas des criminels, mais des militants qui tentent de distribuer du pain aux personnes qui ont faim. Nul ne devrait être sanctionné" pour sa défense des droits humains, a écrit sur X la commissaire européenne Hadja Lahbib, responsable de l’UE pour les situations de crise humanitaire.Les agissements de M. Ben Gvir à l'égard des passagers de la flottille Global Smud, dénoncés par ses propres collègues au gouvernement israélien, sont inadmissibles. J'ai demandé que l'ambassadeur d'Israël en France soit convoqué pour exprimer notre indignation et obtenir des…— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) May 20, 2026