Tom JennéNewsmanager entreprendre21 mai 2026Aujourd'hui à 06:05Les deux grands groupes audiovisuels belges, privé et public, sont à la croisée des chemins. Face à une concurrence accrue et des recettes attaquées, ils doivent revoir leur modèle historique.Changer radicalement ou mourir à petit feu. Un dilemme auquel de nombreuses entreprises font face. Avènement des géants du numérique, disruption technologique, boom de l'intelligence artificielle… Leur monde a rarement été aussi bousculé que ces dernières années.Les groupes audiovisuels sont au premier rang face à ces révolutions, tant en Belgique qu'à l'étranger. La télé linéaire, le cœur historique de leur activité, ne fait plus recette. Chez nous, les chiffres parlent d'eux-mêmes: le marché francophone a perdu 25% de téléspectateurs sur ces trois dernières années. Chaque média audiovisuel a beau jeu de mettre en avant l'augmentation de ses audiences, la vérité, c'est qu'ils se partagent un gâteau qui, chaque année, rétrécit à vue d'œil. Et ce mouvement n'est pas près de s'inverser, d'autant que la petite taille du marché renforce les difficultés.Alors, que faire, face à un tableau si sombre? Innover. Sortir des business models classiques pour convaincre consommateurs et annonceurs. En Flandre, le puissant groupe DPG s'est associé à l'opérateur télécom Telenet pour lancer Streamz, une plateforme de streaming payante mettant en avant surtout des contenus locaux. Cinq ans après son lancement, elle est devenue rentable en 2025 pour la première fois. Avec des rachats importants aux Pays-Bas, les grandes manœuvres devraient se poursuivre.Le futur contrat de gestion de la RTBFMais, innover ne rime pas toujours avec succès. Salto, surnommé lors de son lancement le "Netflix français", a dû fermer ses portes après trois ans. Le projet était pourtant porté par les trois géants audiovisuels français privés et publics: TF1, M6 et France télévisions.Les deux grands acteurs audiovisuels francophones sont aujourd'hui à la croisée des chemins. Le futur contrat de gestion de la RTBF doit faire entrer le groupe public dans une nouvelle ère. À l'image de la BBC, qui a signé un partenariat stratégique à hauts risques avec Youtube pour renforcer son audience auprès des jeunes et moins dépendre de sa dotation publique.Du côté de RTL, les pertes opérationnelles commencent à s'additionner. Depuis la reprise par DPG et Rossel, on peine à voir l'apport stratégique des deux groupes, dont les stratégies respectives s'avèrent pourtant payantes. Le lancement d'une plateforme de streaming payante par RTL pourrait être un premier pas dans la bonne direction. En espérant simplement qu'il n'arrive pas trop tard.
Édito | RTL et RTBF: se réinventer ou décrocher
Les deux grands groupes audiovisuels belges, privé et public, sont à la croisée des chemins. Face à une concurrence accrue et des recettes attaquées, ils doivent revoir leur modèle historique.
















