Steve Biko est devenu beaucoup plus populaire dans les dernières semaines. L’humoriste, qui préfère qu’on l’appelle juste Biko, reprend depuis janvier les commentaires racistes sortis de la bouche de nos politiciens ou des réseaux sociaux pour en faire des chants irrésistibles. Avec sa chorale St-Décalisse, un peu gospel, il entonne tout sourire : « Y’a pu de place au Québec ! / On n’a plus besoin d’immigrants / On en a assez… /… pis ça coûte cher. » Tous en chœur.Son album de 10 chansons, lancé fin avril sur Spotify et YouTube, contient assez de vers d’oreille pour rendre ses chansons contagieuses. De plus, Chuis né au Québec moi, C’est la faute aux immigrants ou Tu viens de où sont des rythmes de pure psychologie inversée — et de réappropriation.Son dernier opus, dans un autre genre, est Go Habs Go. Outre celle-là, ses chansons portent, sur un beat joyeux, une critique rafraîchissante du racisme ordinaire qui se vit au Québec. Avec sa bouille heureuse, le tout est encore mieux en vidéo sur les réseaux sociaux. « Je reprends le contrôle du narratif », explique Biko en entrevue, avec son sourire et sa bonne humeur contaminants. « Au lieu d’être énervé, de réagir avec la même énergie [agressive], je me dis : “Fais ce que tu sais faire. Fais de l’humour !” »Ses sketchs de stand-up sont écrits de la même manière — comme ceux qui tissent Têtu ?, son premier spectacle solo, en rodage ces jours-ci à Montréal et à Québec. Et comme les numéros qu’il a présentés aux Bad Boys du rire, première scène québécoise qui l’a accueilli, fin 2021, ou lors de ses participations au festival Juste pour rire.