Épilogue judiciaireLe délibéré du procès en appel du crash du vol AF447 sera rendu jeudi 21 mai 2026, dans l’après-midi, par la Cour d’appel de Paris. Les juges devront dire si le constructeur et la compagnie aérienne peuvent être reconnus coupables d’homicides involontaires.Publié le 20/05/2026 à 19h00Des plongeurs de la marine brésilienne récupèrent une partie du gouvernail de l’Airbus A330 du vol AF447 d’Air France, disparu au-dessus de l’Atlantique le 1er juin 2009. AFPDans la nuit du 1er juin 2009, le vol AF447 Rio de Janeiro-Paris s’écrase dans l’Atlantique. Les 216 passagers et 12 membres d’équipage périssent dans le crash. Près de deux ans de recherches sous-marines ont été nécessaires avant de retrouver les deux enregistreurs de vol (FDR et CVR), qui ont pu être analysés malgré leurs séjours prolongés par 3 000 mètres de fond. Aussi, le rapport final du BEA n’est publié que le 5 juillet 2012.Il conclut que les réactions inappropriées des pilotes ne comprenant pas l’origine du problème ont entraîné le décrochage de l’avion. Cette descente incontrôlée se poursuit jusqu’à l’impact à grande vitesse sur la mer. En parallèle aux analyses du BEA, une enquête judiciaire qui, elle, recherche les responsabilités, est conduite par la Gendarmerie nationale.Le givrage des sondes Pitot, ces instruments de mesure de la vitesse de l’appareil, défaillantes, a provoqué l’affichage d’informations incohérentes dans le cockpit (vitesse, altitude) et débrayé le pilote automatique, ce qui a plongé l’équipage dans une situation de confusion en pleine traversée du Front Inter Tropical, près de l’équateur avec ses turbulences et ses orages.Revirements de la justiceLe parcours judiciaire est long, semé d’embûches et de revirements. Le 29 août 2019, les juges d’instruction décident d’un non-lieu. Pour les magistrats instructeurs, l’accident est dû à une faute de pilotage. Les responsables, décédés, ne peuvent être poursuivis. Les avocats des familles des victimes présentent un recours auprès de la chambre de l’instruction. Le 12 mai 2021, la Cour d’appel de Paris ordonne le renvoi d’Air France et d’Airbus devant le tribunal correctionnel. Fin août 2021, la Cour de cassation rejette les pourvois d’Air France et d’Airbus.En avril 2023, lors du premier procès, le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Airbus et Air France sur le plan pénal, tout en reconnaissant leur responsabilité civile. Les juges ont estimé que des « imprudences » et des « négligences » existaient, mais sans pouvoir démontrer un lien de causalité certain avec le crash.Mais en appel, à l’automne 2025, après deux mois d’audiences qui n’ont pas apporté d’éléments nouveaux, seulement des interprétations, le parquet général a requis la condamnation des deux groupes pour homicides involontaires, revenant ainsi sur sa position lors du premier procès de 2023.Les avocats généraux ont estimé que les fautes d’Airbus et d’Air France sont « caractérisées » et qu’elles ont « concouru, de façon certaine, à la survenance du crash ». En tant que personnes morales, Airbus et Air France ne peuvent être condamnées qu’à une amende maximale de 225 000 euros, une condamnation que souhaitent néanmoins les familles des victimes.
Crash du Rio-Paris : la justice prête à trancher sur les responsabilités d’Airbus et Air France
Le délibéré du procès en appel du crash du vol AF447 sera rendu jeudi 21 mai 2026, dans l’après-midi, par la Cour d’appel de Paris. Les juges devront dire si le constructeur et la compagnie aérienne peuvent être reconnus coupables d’homicides involontaires.










