Economie Politique économiqueLes chroniques de Nicolas BouzouChronique. Pour placer le Rassemblement national devant ses contradictions économiques, il faut cesser de le considérer comme infréquentable, estime notre chroniqueur. Publié le 02/04/2026 à 12:00bookmarkLe président du RN Jordan Bardella a donné une conférence à Beaucaire pour commenter les résultats du premier tour des municipales, le 15 mars 2026. EPALe 24 mars dernier, dans l’émission de télévision C ce soir, le philosophe Pierre-Henri Tavoillot donnait le meilleur argument qui soit en faveur de la dédiabolisation du Rassemblement national. En effet, explique Tavoillot, celui qui est considéré comme le diable est en droit de rester caché puisque personne ne l’aime ni ne veut lui parler : il n’a pas de comptes à rendre puisqu’il n’en est même pas digne. A l’inverse, cesser de considérer le RN comme le représentant du fascisme ou même d’une extrême droite infréquentable amène naturellement à poser aux représentants du parti politique le plus populaire de notre pays des questions auxquelles il doit apporter des réponses détaillées. En voici quelques-unes. Une orgie de dépenses nouvellesPremière question : comment réduire la dette publique tout en augmentant les dépenses ? Les représentants du RN, Jean-Philippe Tanguy et Jordan Bardella en tête, ne se privent pas de critiquer la gestion budgétaire des gouvernements Macron. Ces griefs sont parfaitement entendables. Mais, de leur côté, les dirigeants du RN promettent une orgie de dépenses nouvelles : dégel et revalorisations d’allocations diverses, retour de l’âge de la retraite à 60 ans pour les carrières longues, augmentation des crédits pour la défense, la police et la justice… Le RN a soutenu la suspension de la réforme des retraites proposée par la gauche dans le cadre du budget 2026. Dans le même temps, ce parti promet une baisse des impôts de production et de la TVA sur les produits de première nécessité.