Le Groenland n’est plus sur le devant de la scène médiatique, pourtant en coulisse les négociations s’activent pour décider du futur de l’île. Dans une enquête, le New York Times (NYT) informe que des représentants américains, danois et groenlandais se sont rencontrés cinq fois à Washington depuis janvier 2026. Malgré son opération miltaire en Iran, le président américain Donald Trump reste très intéressé par le Groenland, indique le NYT, citant la Maison-Blanche. Ce territoire semi-autonome, intégré au royaume du Danemark depuis plus de 300 ans, est un élément clé de la stratégie de sécurité américaine en arctique, à l’heure où la fonte des glaces ouvre la voie à une compétition géopolitique avec la Russie et la Chine.Une présence militaire indéfinieCes négociations privées aboutiraient à quatre propositions, qui donneraient aux Etats-Unis un rôle bien plus important sur cette île de 57 000 habitants. Tout d’abord, les Etats-Unis tentent d’y assurer une présence militaire indéfinie, y compris en cas d’indépendance du Groenland, en modifiant leur pacte de défense avec le Danemark de 1951. Cet accord, révisé en 2004, leur permet déjà de déployer des troupes militaires avec une grande liberté. C’est d’ailleurs l’un des arguments des responsables danois et groenlandais contre un contrôle total du territoire.Les Etats-Unis souhaitent aussi avoir un droit de regard sur tous les investissements et accords passés au Groenland. Ensuite, les Américains étendraient leur coopération au pétrole, à l’uranium et aux terres rares. Enfin, ils accélèrent leur expansion militaire en visant l’accès à trois zones supplémentaires, en plus de leur base actuelle de Pituffik. Les villes de Narsarsuaq au sud du Groenland, qui dispose d’un port en eau profonde et de Kangerlussuaq, équipée d’un aéroport capable d’accueillir de gros avions, sont notamment ciblées."Hisser notre drapeau à moitié"Si les responsables politiques groenlandais sont ouverts à une plus grande présence militaire américaine sur leur sol, ces demandes sapent la souveraineté de l’île et éloignent un peu plus l’idée d’une indépendance complète. "On pourrait tout aussi bien hisser notre propre drapeau à moitié" se désole Justus Hansen, membre du Parlement groenlandais, rapporte le New York Times.Les Groenlandais redoutent un retour de l’obsession de Donald Trump pour leur territoire. Pourquoi pas à l’occasion d’un jour spécial qui flatterait l'égo du président américain, comme son anniversaire le 14 juin prochain ou les 250 ans de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis le 4 juillet.La protection du DanemarkSurtout, le Groenland n’a pas de marge de manœuvre dans ces négociations, constamment mis sous pression par les Etats-Unis pour faire des concessions. "C’est tout ou rien. Le meilleur résultat serait tout simplement de ne pas être envahi ni contrôlé" juge amèrement Pipaluk Lynge, présidente de la commission des Affaires étrangères du Parlement groenlandais.Le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen s’est ainsi davantage tourné vers le Danemark "considérant l’ancien colonisateur comme la meilleure protection contre les Etats-Unis" rappelle le NYT. Un rapprochement de circonstance qui pourrait être contre-productif en vue de l’indépendance du Groenland.Le contrôle des investissements sur le territoire, souhaité par les Etats-Unis, ne peut pas être réalisé par "le Groenland [qui] ne dispose pas des services de renseignement nécessaires pour vérifier les liens potentiels des investisseurs avec Moscou et Pékin. C'est pourquoi les négociateurs étudient une procédure de vérification menée par Copenhague, avec la contribution de Washington" conclut le NYT.
Le Groenland face aux demandes maximalistes des Etats-Unis
Selon une enquête menée par le "New York Times", les négociations autour de l’avenir du Groenland favoriseraient grandement les intérêts américains. Les autorités groenlandaises, elles, n’ont que peu de chance de se faire entendre.












