Alors que les systèmes de santé font face à une hausse continue des maladies chroniques et allergiques, les outils de diagnostic deviennent un enjeu stratégique de prise en charge.Dans ce contexte, certaines entreprises spécialisées dans le diagnostic in vitro prennent une place croissante dans les parcours de soins, souvent loin de la lumière médiatique. Présent depuis cinquante ans dans le domaine des biomarqueurs, BÜHLMANN Laboratories développe des solutions utilisées par les laboratoires d’analyses médicales et les centres hospitaliers, notamment en gastro-entérologie, neuro-immunologie et allergologie. En France, Karine Potestat et Maud Weiss, responsables grands comptes de BÜHLMANN France, défendent une approche fondée sur la collaboration scientifique et l’accès élargi au diagnostic.Depuis plusieurs années, les enjeux liés au diagnostic précoce prennent une importance croissante. Comment BÜHLMANN s’inscrit-il dans cette évolution ?Karine Potestat : BÜHLMANN est un laboratoire suisse spécialisé dans le diagnostic in vitro. Nous travaillons principalement avec les laboratoires d’analyses médicales, publics comme privés, à travers des solutions de dosage très spécialisées. Notre objectif est d’apporter des outils qui améliorent concrètement la prise de décision médicale et le suivi des patients.Nous prenons souvent l’exemple de la calprotectine fécale qui illustre parfaitement notre vision du Diagnostic in vitro. Nous avons développé ce biomarqueur il y a une vingtaine d’années, pour évaluer l’inflammation intestinale. À l’époque, il s’agissait encore d’un marqueur relativement confidentiel. En travaillant avec les Sociétés savantes, son intérêt biologique et clinique a été validé pour le diagnostic et la surveillance des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, comme la maladie de Crohn ou la rectocolite hémorragique. Aujourd’hui, il est intégré dans les recommandations de prise en charge de ces maladies (MICI). Cette évolution illustre une transformation plus large du diagnostic médical ?Maud Weiss : Oui, clairement. Le diagnostic ne consiste plus uniquement à confirmer une pathologie. Il sert aussi à éviter des examens lourds, à orienter plus rapidement les patients et à fluidifier les parcours de soins. Dans le cas de la calprotectine fécale, son remboursement récent a permis de limiter un certain nombre de coloscopies devenues inutiles. C’est typiquement ce que nous cherchons à développer : des outils utiles à la fois pour les médecins, les laboratoires et les patients.L’allergologie semble aujourd’hui devenir un axe stratégique pour l’entreprise. Pourquoi ?Karine Potestat : L’exemple de la calprotectine peut être répliquée dans des domaines tels que la neuroimmunologie et surtout l’allergie, avec les enjeux de santé publique actuelle, la recrudescence des allergies, les délais d’attente pour consulter les allergologues. Il existe des outils aujourd’hui qui peuvent soulager le parcours de soin du patient, en aidant à poser un diagnostic d’allergie vraie et en suivant les désensibilisations, sans risque. Ainsi, nous développons depuis plusieurs années un test d’activation des basophiles, appelé Flow CAST®, et des allergènes standardisés CAST® qui permettent d’identifier une réaction allergique réelle à partir d’une simple prise de sang, au laboratoire. Le principe consiste à mettre les cellules sanguines du patient en contact avec des allergènes suspectés et standardisés afin d’observer directement la réaction allergique, à l’échelle cellulaire par cytométrie en flux.Quel est l’intérêt concret pour les patients ?Maud Weiss : L’intérêt principal, c’est la sécurisation du diagnostic. Aujourd’hui, en allergie alimentaire, la plupart des jeunes patients doivent encore passer par des tests de provocation orale, notamment en milieu hospitalier, avec une exposition directe à l’allergène suspecté. Cela peut être très stressant, pour les enfants et leurs parents.Avec le test d’activation des basophiles, on peut affiner le diagnostic en amont. Prenons l’exemple d’un enfant suspecté d’être allergique à la noisette. Très souvent, toute une famille d’aliments va être supprimée par précaution, et parfois pendant plusieurs années. Grâce à ce type de test, il devient possible de distinguer précisément les allergènes réellement problématiques de ceux qui ne le sont pas.Au-delà du sujet médical, cela change aussi le quotidien des familles : les repas à l’école, les anniversaires, les produits industriels… Ce sont des situations extrêmement concrètes.Pourquoi ces solutions restent-elles encore relativement peu connues ?Karine Potestat : Historiquement, BÜHLMANN a toujours travaillé de manière très discrète, souvent en partenariat avec de grands acteurs du secteur de la santé. Pourtant, nos solutions sont déjà largement utilisées dans de nombreux centres hospitaliers et laboratoires.Aujourd’hui, nous voulons surtout gagner en visibilité auprès des professionnels de santé mais aussi du grand public. Beaucoup de médecins ignorent encore l’existence de certains tests disponibles en allergie, alors qu’ils pourraient faciliter leur pratique quotidienne et améliorer la prise en charge des patients.Votre approche repose beaucoup sur la collaboration avec les acteurs de terrain. Est-ce un élément différenciant ?Maud Weiss : Oui, totalement. Le développement de nos biomarqueurs s’est toujours fait avec les sociétés savantes, les cliniciens, les biologistes médicaux et les laboratoires. C’est cette dynamique collective qui a permis à certains marqueurs, comme la calprotectine, de devenir des références.Nous essayons aujourd’hui de reproduire ce modèle en allergologie et en neuro-immunologie. L’enjeu n’est pas seulement technologique. Il s’agit surtout de rendre ces outils accessibles et intégrés dans les pratiques médicales courantes.À mesure que les parcours de soins se complexifient et que les besoins de diagnostic augmentent, les biomarqueurs apparaissent désormais comme des leviers structurants de la médecine moderne. Un changement de paradigme auquel des acteurs spécialisés comme BÜHLMANN entendent contribuer, loin des effets d’annonce mais au plus près des usages cliniques.
BÜHLMANN Laboratories : comment les biomarqueurs redéfinissent le diagnostic des maladies inflammatoires et allergiques
Alors que les systèmes de santé font face à une hausse continue des maladies chroniques et allergiques, les outils de diagnostic deviennent un enjeu stratégique de prise en charge.









