Désormais très abordables, les nouvelles citadines électriques devraient accélérer la conversion du parc automobile français.Les planètes s’alignent enfin pour le décollage de la voiture électrique. Alors que la flambée des prix à la pompe pousse les automobilistes à chercher une alternative aux carburants fossiles, l’industrie automobile, bien aidée par une fiscalité française particulièrement incitative (voir encadré), apparaît désormais prête à proposer des modèles à batterie accessibles au plus grand nombre.Cette démocratisation s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs : le progrès technique, les économies d’échelle, la disponibilité de chimies de batterie moins onéreuses – notamment lithium-fer-phosphate (LFP) –, et le retour des constructeurs sur le segment des petites voitures, longtemps délaissé au profit des SUV à marges plus confortables.Des Françaises bien placéesL’évolution de l’offre de Renault illustre bien cette tendance. Après la Zoé (4,08 m), pionnière lancée en 2012 dont la dernière version commercialisée en 2024 dépassait encore les 35 000 euros, c’est la R5 E-Tech (3,92 m) qui a repris le flambeau. Elle s’est rapidement hissée en tête des ventes de voitures électriques en France, grâce notamment à une version d’entrée de gamme proposée à moins de 25 000 euros avec une batterie de 40 kWh.Cette année, Renault va plus loin avec la nouvelle Twingo E-Tech (3,79 m) assemblée à Novo Mesto en Slovénie, et dont le style s’inspire directement du modèle de 1992. Plus petite que la R5, elle peut néanmoins se montrer plus habitable grâce à ses deux sièges arrière coulissant sur 17 cm. Et malgré sa petite batterie LFP de 27,5 kWh, elle dispose d’une autonomie de 265 km très suffisante pour une citadine et rendue possible par sa légèreté et sa traînée aérodynamique réduite. Mais son principal atout réside dans son prix de base, 19 490 euros, qui peut être réduit jusqu’à 13 310 euros pour les ménages les plus modestes grâce au « coup de pouce CEE » (bonus écologique financé par le dispositif des certificats d’économie d’énergie), faisant d’elle l’une des voitures électriques les moins chères du marché français. Mieux, la Twingo pourrait voir son prix encore baisser à l’avenir grâce à la « surprime batterie » qui devrait lui être accordée quand la fabrication de son accumulateur sera relocalisée en Europe, ce que Renault a annoncé pour 2027.La version Urban Range à petite batterie de la Citroën ë-C3 bénéficie d’une offre promotionnelle pour son lancement. ADRIEN CORTESI/ADRIEN CORTESI En attendant, Citroën a décidé de frapper fort, avec la version Urban Range de sa ë-C3 (4,01 m), très pratique à l’usage. Dotée d’une petite batterie LFP de 30 kWh autorisant une autonomie de 213 km, cette citadine polyvalente est proposée dès 19 990 euros. Mieux, avec le cumul de la prime CEE de 6 100 euros et d’une promotion de lancement de 900 euros accordée par la marque aux chevrons, son prix peut descendre à 12 990 euros pour les foyers les plus modestes, ce qui en fait la voiture électrique la plus abordable du moment.Des modèles importés pénalisésMais toutes les voitures électriques ne bénéficient pas des mêmes aides à l’achat (voir encadré). Ainsi, du fait de sa fabrication en Chine, la Dacia Spring (16 990 euros) ne peut prétendre qu’à 380 euros de prime CEE, ce qui dégrade nettement son attractivité face à ses rivales fabriquées sur le Vieux Continent. Mieux vaut donc attendre la citadine que la marque roumaine annonce à moins de 18 000 euros pour la fin 2026. Développée sur la même plateforme que la Twingo et assemblée comme elle en Slovénie, elle devrait donc bénéficier des mêmes aides à l’achat que sa cousine de la marque au losange. De leur côté, les BYD Dolphin Surf (3,99 m, 220 km, 19 990 euros) et Leapmotor T03 (3,62 m, 250 km, 19 500 euros) sont aussi pénalisées par leur fabrication en Chine, mais ces deux constructeurs chinois ont déjà annoncé des projets d’assemblage en Europe qui pourraient changer la donne dans les années qui viennent.Cela dit, l’exportation vers l’Europe d’un modèle assemblé en Asie n’est pas forcément éliminatoire. Ainsi, Hyundai a réussi à démontrer aux instances françaises que sa mignonne citadine Inster (3,82 m) fabriquée en Corée du Sud et proposée à 25 350 euros présentait, dans sa version cinq places, un bilan environnemental suffisamment réduit pour obtenir un éco-score lui permettant d’accéder au « coup de pouce » CEE. S’agissant d’un modèle légèrement plus imposant, Kia a préféré mettre toutes les chances de son côté en assemblant son EV2 (4,06 m, 26 670 euros) directement sur le Vieux Continent, ce qui le rend éligible à une prime CEE pouvant atteindre 6 100 euros, sans surprime pour la batterie 42,2 kWh du modèle d’entrée de gamme, fabriquée en Asie. Pour bénéficier de cette surprime, il faudra choisir le modèle « autonomie longue » embarquant le gros accumulateur de 61 kWh, proposé à 33 320 euros. Le cumul des aides (CEE + surprime batterie) peut alors atteindre 8 100 euros. La Cupra Raval est la première citadine électrique du groupe Volkswagen à bénéficier de la plateforme MEB+. DR Offensive germaniqueLe groupe Volkswagen s’apprête aussi à descendre dans l’arène avec une nouvelle génération de citadines électriques comme la Cupra Raval. Cette petite berline cinq portes de 4,05 m au style très dynamique inaugure la nouvelle plateforme MEB+ du géant allemand. Celle-ci peut embarquer une batterie de 37 kWh (LFP) autorisant un rayon d’action annoncé de 300 km pour un prix débutant à 25 995 euros, ou la version haut de gamme de 52 kWh autorisant une autonomie de 444 km. Produite en Europe, la Raval sera éligible à un coup de pouce CEE pouvant atteindre 5 710 euros, mais sans surprime batterie au lancement pour le modèle d’entrée de gamme. La Volkswagen ID.Polo verra ses prix débuter à 24 990 euros pour la version d’entrée de gamme dotée d’une batterie LFP de 37 kWh autorisant une autonomie de 329 km. INGOBARENSCHEE.COM/