Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Culture Culture Culture Tribune Catharine Titi Chercheuse au CNRS Alors que la loi relative à la restitution de biens culturels a été définitivement adoptée, le 7 mai, après un dernier vote du Sénat, la chercheuse au CNRS Catharine Titi interroge, dans une tribune au « Monde », les enjeux juridiques et archéologiques en rapport avec cette question par une réflexion autour des fragments du Parthénon au Louvre. Publié hier à 15h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés On a beaucoup parlé de la promesse faite par Emmanuel Macron à Ouagadougou, en 2017, à propos de la restitution du patrimoine culturel subsaharien. Or, le sort des antiquités pillées – qu’elles soient égyptiennes, grecques, étrusques ou romaines – est longtemps resté un sujet tabou. L’adoption définitive de la nouvelle loi sur la restitution de biens culturels, jeudi 7 mai par le Parlement, a été qualifiée d’historique pour les objets coloniaux, et sans doute l’est-elle. Mais il faut souligner qu’elle va au-delà, en ce qu’elle ouvre la voie à la restitution des antiquités pillées, hébergées depuis longtemps dans les collections publiques françaises. Néanmoins, la loi fixe des limitations importantes. D’abord, elle instaure une borne temporelle : 1815. Seules les acquisitions illicites survenues après cette date sont concernées. Ensuite, il existe des exceptions : les œuvres archéologiques obtenues à la suite d’un accord de partage de fouilles ou d’un échange pour mener des études scientifiques sont exclues. Pour comprendre la véritable portée de la loi, une recherche approfondie sur la provenance de chaque objet archéologique en question doit être entreprise, laquelle est souvent compliquée par le manque d’informations facilement accessibles. Même si cela ne permet pas d’émettre un avis sur le sort des antiquités de manière générale, l’étude d’un cas particulier – les fragments du Parthénon au Louvre – peut se révéler éclairante. « Enlevez tout ce que vous pourrez » Le Louvre conserve un nombre important d’antiquités grecques, dont quelques fragments du Parthénon – certains avérés, d’autres supposés. Deux d’entre eux ont été « trouvés » en 1788 et 1789 par le peintre, diplomate et archéologue Louis-François-Sébastien Fauvel (1753-1838), qui travaillait alors pour le comte de Choiseul-Gouffier (1752-1817), ambassadeur de France auprès de l’Empire ottoman. Fauvel avait reçu des instructions claires de son employeur, dont les mots sont restés célèbres : « Enlevez tout ce que vous pourrez, ne négligez aucun moyen, mon cher Fauvel, de piller dans Athènes et son territoire tout ce qu’il y a de pillable (…). N’épargnez ni les morts ni les vivants. » Il vous reste 63.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Fragments du Parthénon au Louvre : « Il y a une véritable volonté politique de changer la donne en matière de restitutions de biens culturels »
TRIBUNE. Alors que la loi relative à la restitution de biens culturels a été définitivement adoptée, le 7 mai, après un dernier vote du Sénat, la chercheuse au CNRS Catharine Titi interroge, dans une tribune au « Monde », les enjeux juridiques et archéologiques en rapport avec cette question par une réflexion autour des fragments du Parthénon au Louvre.









