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lors qu’elle était ministre de la culture, Roselyne Bachelot nous a gratifiés un jour de 2022 d’un coup de sang dont elle a le secret : « On ne sait plus construire solide ! » Elle pestait contre les fortunes à débourser trop souvent pour rénover les musées ou les salles de spectacle. Voilà qu’à l’aube de l’été, plusieurs paquebots parisiens sont concernés par des travaux aux montants effarants. Qui cachent un tournant stimulant pour le patrimoine.
Les chiffres donnent le tournis : 469 millions d’euros pour le Centre Pompidou, qui fermera en septembre pour cinq ans. Le Grand Palais, lui, rouvre le 6 juin pour une facture de 500 millions. Le Louvre s’apprête à faire exploser les coûts avec 900 millions. Versailles ? 588 millions entre 2003 à 2032. Ajoutons 556 millions d’ici à 2036 pour les Opéras Garnier et Bastille. La Cour des comptes a également épinglé, en janvier, les 638 millions d’euros engloutis dans la rénovation de la Maison de la radio.
On pourrait étirer la liste. Evoquer les 87 cathédrales dont l’Etat est propriétaire, celle de Nantes qui rouvre en septembre après un incendie et une cure de 32 millions. L’abbaye de Clairvaux (Aube), aussi, où le ministère de la culture a « mis » 60 millions d’euros dans le grand cloître. Les compteurs s’affolent vite dans le patrimoine, mais l’Etat doit suivre et montrer l’exemple pour rester crédible. Alors pendant des décennies, là où il était chez lui, il a réglé les factures tout seul. Sauf qu’il n’y arrive plus. Les besoins ont enflé comme les coûts. Les bâtiments récents sont plus fragiles. Les centaines qui furent construits dans les années 1980-1990 sous le règne du tandem Mitterrand-Lang ont besoin de soins.






