Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Société Société Société Cinéma Cinéma Cinéma L’homme a été condamné, en appel, à vingt-quatre mois d’emprisonnement avec sursis, 150 000 euros d’amende, une interdiction de gérer une entreprise pendant dix ans et la confiscation de trois montres et de trois Jaguar. Article réservé aux abonnés La vie de Tahir Mehmood Bhatti est un film. Son ascension fulgurante dans le prêt-à-porter parisien à partir des années 1980 – qui lui vaut le surnom de « Roi du Sentier » – a d’ailleurs inspiré le personnage de Richard Anconina dans le film La Vérité si je mens (1997), de Thomas Gilou. L’homme a construit sa légende autour de son arrivée en France, au mitan des années 1970, à l’âge de 20 ans. Dans son autobiographie, Du Pakistan au Sentier (Anne Carrière, 1999), et les reportages auxquels il se prête volontiers, Tahir Mehmood Bhatti se met en scène en entrepreneur parti de rien, ayant gravi les échelons à force de ténacité et de coups de génie – son best-seller, une veste en similicuir noir, aurait été vendu à plusieurs millions d’exemplaires. Très vite, il fraye avec la jet-set, les cercles du pouvoir et leur entre-deux trouble : c’est dans sa Mercedes que l’acteur Anthony Delon et l’affairiste Alexandre Djouhri, actuellement renvoyé devant la cour d’appel dans l’affaire libyenne, auront un grave accident, en août 1984, à la frontière belge. Lire aussi (2019) : Article réservé à nos abonnés Sur les traces de « Monsieur Alexandre » Mardi 19 mai, les paillettes paraissent pourtant bien loin. A la cour d’appel de Paris, l’entrepreneur a comparu en quelques minutes pour reconnaître des faits de fraude fiscale, entre 2009 et 2012, et de blanchiment aggravé, entre 2009 et 2014. L’enquête, qui avait abouti à sa condamnation en première instance, en novembre 2024, a déterminé qu’il avait bénéficié d’un système de prêts, par l’intermédiaire d’une société aux Emirats arabes unis, afin de financer son train de vie. Séquelles d’un home-jacking Après avoir fait appel de sa condamnation de première instance, Tahir Mehmood Bhatti a reconnu les faits en échange d’une peine plus clémente : 24 mois d’emprisonnement, assortis d’un sursis probatoire de deux ans, 150 000 euros d’amende, une interdiction de gérer une entreprise pendant dix ans et la confiscation de trois montres et de trois Jaguar. Un coup dur pour celui qui avait déjà été pris dans l’œil du cyclone judiciaire en 2001. Il avait alors été mis en examen pour abus de biens sociaux et était soupçonné d’avoir participé à un réseau de blanchiment d’argent découvert en marge du dossier de l’« escroquerie du Sentier ». Il vous reste 33.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.