Monde AmériquesGéopolitique. Avec l'arrestation de l'ex-président vénézuélien, Cuba et le castrisme perdent un agent formé, protégé et téléguidé par La Havane depuis des décennies. Par Axel GyldénPublié le 06/01/2026 à 12:19bookmarkNicolas Maduro s'exprime lors d'une allocution télévisée au palais de Miraflores à Caracas, au Venezuela, le 29 janvier 2019.via REUTERSA quoi pense un dictateur au moment de son arrestation ? Et à l’instant où il réalise qu’il vient de perdre son pouvoir absolu et la liberté ? Et à quoi songe Nicolas Maduro maintenant, seul dans sa cellule new-yorkaise de la prison Metropolitan Detention Center, à Brooklyn, à quelques encablures de Manhattan ? Dans cet endroit sordide connu pour ses conditions de détention inhumaines, la mauvaise qualité de sa nourriture, la présence de rats et les coupures d’électricité pendant les périodes de froid, le sort du narco-président panaméen Manuel Antonio Noriega – arrêté en 1989 par l’armée américaine, mort en détention vingt-sept ans plus tard – lui vient sans doute à l'esprit. Mais il doit aussi se souvenir de Fidel Castro (mort en 2016), personnage clé de son destin sans lequel il ne dormirait pas aujourd’hui derrière les barreaux."Nicolas Maduro est un pur produit du système cubain et de Fidel Castro", prévient la chercheuse Maria C. Werlau, auteure de l’indispensable Cuba’s intervention in Venezuela (2019, non traduit). "Le président déchu a été formé par La Havane, entraîné par La Havane, placé au cœur du pouvoir vénézuélien par La Havane, télécommandé par La Havane et même protégé par des gardes du corps de La Havane", explique cette Cubano-américaine. Et d'ajouter : "On ne comprend rien au Venezuela actuel si l’on ignore à quel point le pouvoir de Caracas est infiltré par la pensée cubaine, mais aussi par les espions et les agents de La Havane." Un seul exemple : trente-deux membres de la protection rapprochée de Maduro, tous des militaires d'élite cubains, ont été abattus par les soldats de la Force Delta américaine lors de l’opération spéciale contre le "bunker" de Nicolas Maduro, dans la nuit du 2 au 3 janvier. Une défaite militaire et psychologique colossale pour Cuba.