Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Cinéma Cinéma Cinéma Tribune Emma Rafowicz Députée européenne (Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen) Dans une tribune au « Monde », la porte-parole du PS et eurodéputée met en lumière l’urgence à défendre, par le biais de mesures budgétaires et juridiques ambitieuses, l’exception culturelle européenne. Publié aujourd’hui à 17h00, modifié à 17h20 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés Voulons-nous que nos imaginaires collectifs soient dictés par quelques milliardaires, au travers de leurs plateformes et de leurs algorithmes ? Que les Européens regardent majoritairement des œuvres conçues, financées et calibrées à Los Angeles ou à Séoul ? Qu’une place de cinéma coûte 30 euros ? Ces interrogations peuvent sembler excessives. Pourtant, alors que le Festival de Cannes a débuté [le 12 mai], le cinéma européen fait face à une offensive économique et politique sans précédent. Face à la stratégie de destruction voulue et menée contre la liberté de créer par le front réactionnaire, en quête d’hégémonie culturelle, l’art et la culture sont des armes d’influence et de défense majeure pour la démocratie. C’est en effet une part de la puissance française et européenne qui est en jeu. Notre ambition doit être affirmée : préserver le modèle et la liberté du cinéma français et européen ; continuer de s’opposer aux impératifs du tout-marché et à l’impérialisme culturel américain ; assumer de porter de nouvelles régulations pour protéger le cinéma et, plus largement, la culture. Depuis plusieurs décennies, l’Europe, et particulièrement la France, a construit un modèle fondé sur l’exception culturelle. C’est un succès : 37,7 % des entrées en salles en 2025 l’ont été pour aller voir des films français, selon le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Grâce aux régulations, aides publiques et mécanismes de financement mutualisés, des œuvres naissent, voyagent à travers le monde et incarnent ce que nous sommes. La clé de voûte de ce système ? L’indépendance. Indépendance des producteurs, des auteurs, des réalisateurs au service de la liberté artistique et de la richesse des imaginaires. Malgré les attaques de la droite ultraconservatrice et de l’extrême droite, la clé du succès du cinéma français et européen repose, rappelons-le, sur le système vertueux de soutien à la création du CNC, mais aussi au programme européen Media [mesures pour encourager le développement de l’industrie audiovisuelle], qui permettent à des auteurs comme Justine Triet, Romain Gavras, Artus, Hafsia Herzi et tant d’autres de créer. Il vous reste 65.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.