Monde EuropeEurope. Alors que le statut du 1er-Mai continue de faire débat, la Fête du travail reste le seul jour obligatoirement férié et chômé en France... A quelques exceptions près. Une tradition partagée par certains de nos voisins européens. Publié le 13/04/2026 à 17:55, mis à jour le 27/04/2026 à 16:05(Illustration) Une manifestante porte un bouquet de muguet lors de la manifestation du 1er mai à Strasbourg le 1er mai 2024. PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPPC'est une marotte à laquelle 2026 n'a pas échappé : doit-on travailler le 1er-Mai ? Pendant plusieurs semaines, le seul jour obligatoirement chômé et payé a agité les bancs de l'Assemblée nationale. En cause, une proposition de loi macroniste, visant à élargir les possibilités d'ouvrir pendant la fête des travailleurs. Face à une gauche vent debout, le Premier ministre Sébastien Lecornu a finalement rétropédalé en retirant le texte. Toutefois, l'exécutif est parvenu à maintenir la possibilité pour les boulangers et fleuristes de lever le rideau. De quoi susciter la colère des syndicats. Acquise en 1889, la Fête du travail n'est pas une tradition franco-française. Au contraire, on parlera plutôt de "journée internationale des travailleurs". Dans l'Union européenne, 24 des 27 Etats membres la célèbrent. Tour d'horizon. Une fête aux origines américainesLe 1er-Mai trouve ses racines aux Etats-Unis. En 1886, les syndicats ouvriers locaux choisissent cette date pour revendiquer la journée de huit heures. Trois jours plus tard, la grève organisée par les travailleurs de Chicago dégénère, jusqu'au massacre de Haymarket Square où 12 personnes trouvent la mort. Il faudra attendre la Deuxième Internationale socialiste de 1889 pour que le 1er-Mai soit institutionnalisé. Réuni à Paris, le mouvement fondé par Engels décide de dédier la journée aux luttes ouvrières, hommage aux victimes de Chicago. Au fil des années la vague s'est répandue à travers le monde et sur le Vieux Continent.Aujourd'hui, le 1er mai est férié dans la quasi-totalité de l'Union européenne, à l'exception notamment du Danemark et des Pays-Bas. Quant aux Irlandais, ils consacrent bien un jour aux travailleurs, mais il se tient le premier lundi du mois de mai, soit le 4 cette année. Sur le plan légal, cela signifie que ce jour peut être chômé ou travaillé et rémunéré à des conditions qui varient selon le cas. Certaines conventions collectives permettent à des patrons d'opérer une retenue de salaire si un employé refusait de se présenter.Une tradition à travers l'EuropeEn Italie, la coutume veut que la journée des travailleurs se déroule en musique. Depuis les années 1990, les principaux syndicats locaux organisent un concert sur la Piazza San Giovanni, à Rome.Dans de nombreux pays, la Fête du travail s'associe aussi aux célébrations printanières païennes. Les Allemands organisent des fanfares, dégustent bière et bretzels et plantent le traditionnel arbre de mai. Une habitude partagée avec les Scandinaves qui débutent les festivités dès le 30 avril. En Finlande, le 1er mai, surnommé "Vappu", allie revendications sociales et fête populaire où les étudiants défilent dans les rues en arborant leur casquette blanche de bachelier. Quant aux Suédois, ils allument des feux de joie pour le Valborg.En Grèce, la journée des travailleurs coïncide avec la fête des fleurs. Pour honorer la déesse Maïa, les locaux confectionnent des gerbes ou des bouquets. Et les traditions florales sont communes sur le Vieux Continent. Au Portugal, où célébrer le 1er-Mai était interdit jusqu'à la révolution des Œillets de 1974, on ne s'offre pas de muguet mais on suspend des fleurs de maias aux fenêtres. Quant à la coutume d'offrir un brin de muguet, les Français la partagent avec les Belges, les Suisses et les Luxembourgeois.Le 1er-Mai, rarement chôméToutefois, si la majorité de nos voisins l'ont inscrit sur leurs calendriers, chômer le 1er reste une exception. Seuls trois pays sont concernés : la France, la Pologne et l'Espagne. Dans ces Etats, les salariés doivent obligatoirement suspendre leurs travaux et être rémunérés. Il existe une exception à la règle : les travailleurs dont l'activité est essentielle, comme les ambulanciers par exemple. La liste des emplois concernés est strictement encadrée par la loi. Mais toutes les boutiques ne baisseront pas systématiquement le rideau. Contrairement à ce qu'affirmait Gabriel Attal dans une vidéo publiée le 6 avril, les fleuristes et le boulanger pourront parfaitement accueillir leurs clients le 1er mai, à condition que, seuls les patrons ou des membres de leurs familles non-salariés travaillent.Dans ces pays, diverses célébrations prennent place. En Pologne, la première manifestation remonte au 1er mai 1890, lorsque 8 000 ouvriers se mirent en grève à Varsovie. Sous l'URSS, le parti communiste s'est approprié la journée en orchestrant de grandes fêtes et défilés auxquels la présence était obligatoire. Aujourd'hui, le 1er mai s'est transformé en célébration pluraliste où sont organisées des manifestations, des pique-niques et des concerts en plein air.Quant à l'Espagne, fêter le 1er-Mai y était interdit jusqu'en 1975, date qui marque la fin de la dictature franquiste. Depuis, la journée est dédiée à des manifestations menées par les syndicats. La date coïncide souvent avec la Fête des Mayos où des spectacles, des danses et des chants sont organisés pour célébrer l'arrivée du printemps.
1er-Mai : férié, chômé ou travaillé, que font les pays européens ?
Alors que le statut du 1er-Mai continue de faire débat, la Fête du travail reste le seul jour obligatoirement férié et chômé en France... A quelques exceptions près. Une tradition partagée par certains de nos voisins européens.







