Après Percé et les Îles-de-la-Madeleine, c’est au tour de Tadoussac de songer à instaurer une forme de taxe touristique pour l’aider à gérer les dépenses occasionnées par l’afflux de visiteurs. La petite municipalité nord-côtière aura-t-elle plus de succès que ses consœurs ?Dans une simple publication Facebook, le maire de Tadoussac, Claude Brassard, a annoncé la semaine dernière qu’il étudiait la mise en place d’une taxe touristique pour « réduire la pression sur les contribuables et pour répondre à l’ampleur des besoins liés au tourisme ». Devant le tollé soulevé, le magistrat multiplie les entrevues aux quatre coins de la province. « Je tiens à rassurer vos lecteurs, ce ne sera pas pour cet été ni pour l’année prochaine », explique sur un ton pince-sans-rire M. Brassard, qui estime avoir donné une vingtaine d’entrevues au milieu de ce qu’il qualifie de « tempête médiatique ».L’idée n’est encore qu’à ses balbutiements, mais elle s’inscrit dans une volonté de trouver de nouvelles sources de financement pour les municipalités. « Il faut trouver de nouvelles façons de faire qui vont nous permettre de respirer un peu parce qu’à un moment donné, la capacité de payer n’est plus là », affirme M. Brassard.Comptant 800 résidents permanents, la municipalité à l’embouchure de la rivière Saguenay accueille annuellement des centaines de milliers de visiteurs du monde entier. Et cette affluence cause un stress énorme sur les infrastructures de Tadoussac, affirme le maire. « L’été, c’est 3000 personnes par jour qu’on accueille. On ne s’en plaint pas, là, au contraire, c’est notre économie. Mais ça fait du monde dans le coin. »Il donne comme exemple le système d’aqueduc. « Pour nous, les égouts, l’eau potable, ça ne passe pas dans des tuyaux comme en ont les petites municipalités. Ce sont des tuyaux de ville qu’on a, nous autres, parce qu’il faut fournir nos hôtels, tous les autres hébergements, les commerces, les restaurants, etc. On n’a pas le choix. Mais notre système est désuet et on se doit de le mettre à niveau. »Des exemples peu concluantsCette idée rappelle celle implantée sans grand succès par deux autres hauts lieux du tourisme québécois : Percé et Les Îles-de-la-Madeleine.Le village gaspésien avait instauré en 2022 une taxe sur toutes les transactions dépassant 20 $ sur son territoire, avant de l’abandonner après avoir été débouté en justice. Aux Îles-de-la-Madeleine, la Passe Archipel, forme de droit d’accès volontaire à l’archipel, n’a duré qu’une seule saison. Dans les deux cas, les sommes générées étaient inférieures aux attentes et la grogne populaire avait été très importante.« C’est une tendance mondiale de tenter d’optimiser les retombées de l’achalandage touristique », rapporte Marc-Antoine Vachon, titulaire de la Chaire de tourisme Transat et professeur au Département de marketing de l’Université du Québec à Montréal.