Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Sciences Sciences Sciences Espace Espace Espace Tribune Josef Aschbacher Directeur général de l’Agence spatiale européenne Dans un monde instable, en particulier avec l’administration Trump, l’autonomie est un « atout fondamental » dans le domaine du vol spatial habité, insiste, dans une tribune au « Monde », Josef Aschbacher, le directeur général de l’Agence spatiale européenne. Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 07h15 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés La révision récente, par les Etats-Unis, de l’architecture du programme Artemis est révélatrice des évolutions rapides à l’œuvre dans le domaine de l’exploration humaine de l’espace. La suspension du projet de Gateway lunaire [la construction d’une station spatiale autour de notre satellite] et l’annulation de la campagne de retour d’échantillons martiens bouleversent les plans d’exploration lunaire de l’Europe et mettent en lumière une réalité : l’Europe est aujourd’hui trop souvent tributaire de décisions qui échappent à son contrôle. C’est à l’Europe de décider si elle préfère rester dépendante de tiers pour envoyer ses explorateurs dans l’espace, ou si elle veut endosser son rôle de puissance spatiale en se dotant des moyens nécessaires. En tant que directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), je suis convaincu que, dans le domaine du vol spatial habité, l’autonomie n’est pas un luxe. Il s’agit au contraire d’un atout fondamental pour garantir que l’Europe reste libre de tirer parti de tout ce que l’espace a à offrir dans les domaines scientifique, économique, stratégique et géopolitique, et pour inspirer la jeune génération qui écrira les nouveaux chapitres de son histoire. Grâce à la stratégie Explore2040 de l’ESA, les Etats membres de l’Agence se sont déjà entendus sur une ligne commune, posant de premiers jalons en vue de doter l’Europe de ses propres capacités d’exploration humaine et robotique de l’espace. Cependant, faute de volonté politique, il n’a jamais été possible de viser une pleine autonomie en matière d’exploration humaine. Pour sortir l’Europe de cette ornière, les décideurs politiques doivent prendre conscience de la nécessité de réorienter le plan d’action et d’accélérer sa mise en œuvre. Une force collective Depuis des décennies, l’ESA met en œuvre des missions et des systèmes de navigation, de recherche scientifique et technologique, et d’observation de la Terre que peu d’acteurs dans le monde sont capables d’égaler. Que ce soit en mettant au point Copernicus, système d’observation de la Terre le plus complet au monde, en livrant Galileo, référence mondiale en matière de navigation par satellite, en conduisant des missions scientifiques historiques, qui modifient radicalement notre compréhension de l’Univers, ou en développant les technologies pour l’exploration robotique, l’ESA répond toujours présente pour faire des ambitions de l’Europe une réalité. Cette expérience est précisément ce qui nous permet de croire en la capacité de l’Europe à tracer son propre chemin dans le domaine de l’exploration. Il vous reste 52.61% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.