« Oublier la peinture », d’Olivier Assayas, Mercure de France, « Traits et portraits », 192 p., 22 €, numérique 16 €.
Autoportrait (encre de Chine sur papier photo, 1973). ŒUVRES D’OLIVIER ASSAYAS, COLLECTION PERSONNELLE O.A./FRANCESCA MONTOVANI/GALLIMARD
« FÉVRIER 1973
Longtemps le seul dessin que j’ai toléré, au point que je l’ai publié en ouverture d’un bref livre autobiographique, Une adolescence dans l’après-Mai, qui doit dater des premières années de ce millénaire. J’ai 18 ans, je suis torse nu, je sors de la salle de bains, c’est certainement Michka (15 ans) qui a pris la photo que j’ai par la suite développée, tirée puis retouchée à l’encre de Chine. Je l’ai même fait encadrer : elle raconte l’époque, elle raconte qui je suis, elle saisit comme un instantané quelque chose de profond que je n’aurais pas su exprimer autrement. Ce visage ce n’est pas moi, ce n’est plus moi, c’est l’adolescent qui a peint les tableaux qu’aujourd’hui je me résous à assumer » (Extrait d’Oublier la peinture)
A 71 ans, Olivier Assayas a filmé et dompté un certain nombre de ses démons. Cinéaste inclassable, auteur d’une vingtaine de longs-métrages, il navigue du film politique (Le Mage du Kremlin, 2026) à la fresque romanesque (Les Destinées sentimentales, 2000), du thriller futuriste (Demonlover, 2002) aux œuvres plus intimistes (Fin août, début septembre, 1998), jusqu’à des récits ouvertement autobiographiques, comme Hors du temps (2024). De film en film, Assayas ne cesse de remuer la matière fragile de l’existence humaine.














