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armi les expérimentions politiques hasardeuses tentées durant le second mandat d’Emmanuel Macron, le vote de confiance demandé lundi 8 septembre par François Bayrou sur la situation des finances publiques restera dans les annales. Renversé par ses opposants, allant de la gauche au Rassemblement national, qui ont totalisé 364 voix, le centriste est non seulement le premier chef de gouvernement de la Ve République à tomber dans le cadre de cette procédure, mais il laisse derrière lui un champ de ruines.

La maigre coalition qui le soutenait s’est rétrécie avec la défection d’une élue macroniste du Nord, Violette Spillebout, qui coprésidait la commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire, et avec les divisions des députés du parti Les Républicains (LR). Vingt-sept d’entre eux ont voté pour la confiance, dont le chef du groupe, Laurent Wauquiez, mais 13 ont choisi de dire non et 9 se sont abstenus.

Si la question de la dette de la France avait été prise aussi au sérieux que François Bayrou le proclamait, alors elle n’aurait jamais dû prêter à un tel coup politique. Parce qu’il sentait que tout lui échappait, le président du MoDem a choisi de se préoccuper de sa personne : tomber à son heure et à ses conditions au terme d’un ultime plaidoyer axé sur la gravité de la situation. Le désastre qui en résulte est total. Au-delà du camouflet qu’il a subi, rien n’est réglé sur le fond et le président de République se retrouve dans une situation politique de plus en plus inextricable.