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acrifier les investissements écologiques et sociaux sur l’autel de la défense, voilà la petite musique qui monte depuis des mois. Pourtant, cette approche est la pire manière de répondre aux défis actuels : face à la menace russe, c’est par le social que nous éviterons la défaite, et par l’écologie que nous obtiendrons la victoire.

Ancien officier de réserve de l’armée de terre, je sais qu’une stratégie doit toujours avoir un objectif politique clair et articuler des moyens pour vaincre une volonté antagoniste.

Côté russe, les choses sont limpides. L’objectif est la conquête d’un nouvel empire. Le Kremlin mobilise d’abord des moyens politiques – désinformation, manipulation, subversion, soutien aux partis anti-européens – et économiques – chantage énergétique, corruption – pour affaiblir ses voisins et favoriser l’arrivée au pouvoir d’acteurs politiques qui lui sont favorables. C’est ainsi qu’il s’est allié à la Hongrie et a soutenu l’élection d’un président américain qui lui a, très littéralement, déroulé le tapis rouge. Lorsque ces manœuvres s’avèrent insuffisantes, Vladimir Poutine recourt alors à la force militaire, comme en Ukraine, où la guerre dure en réalité depuis onze ans.