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ix ans se sont écoulés depuis la conférence de presse de rentrée donnée par Angela Merkel le 31 août 2015. De son discours, une phrase-choc est restée : « Wir schaffen das » (« nous y arriverons »), qui affirmait la capacité du pays à accueillir le flot grandissant des réfugiés syriens et afghans. Dans la séance de questions qui suit, les journalistes n’y reviennent guère, ils ont d’autres questions.

Dix jours plus tôt, le ministre de l’intérieur, Thomas de Maizière, avait déjà annoncé que l’afflux des demandeurs d’asile atteindrait la cote des 800 000 et que l’Allemagne saurait relever le défi. Langage classique pour un ministre, alors que « Wir schaffen das » ‒ qui n’était pas dans le texte écrit ‒ va droit au but. Le lendemain, les salles de rédaction s’emparent de ces trois mots. La chancelière confiera dans ses Mémoires qu’elle ne s’y attendait pas (Liberté, Albin Michel, 2024). Interrogée un an plus tard sur l’usage envahissant du slogan et de son opposé (« Wir schaffen das nicht ! »), elle prend ses distances : c’est désormais « une formule creuse », qu’elle cesse d’utiliser.

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