Après une frappe israélienne, dans le quartier de Zeitoun, dans la ville de Gaza, le 8 août 2025. BASHAR TALEB/AFP

La décision du gouvernement israélien, vendredi 8 août, d’occuper militairement la bande de Gaza a suscité un concert de désapprobations. Alors que l’assaut israélien lancé sur l’enclave palestinienne dans la foulée des attaques terroristes du Hamas, le 7 octobre 2023, avait profondément divisé Occidentaux et pays arabes, l’annonce du premier ministre, Benyamin Nétanyahou, paraît aujourd’hui initier une sorte de consensus pour condamner l’escalade militaire, tout en avalisant le projet de neutralisation du mouvement islamiste armé.

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La réaction de l’Allemagne est sans doute la plus notable. Le chancelier conservateur, Friedriech Merz, a annoncé la suspension de toute exportation d’armes susceptibles d’être utilisées dans le conflit « jusqu’à nouvel ordre ». Alors que Berlin avait élevé la sécurité israélienne au rang de « raison d’Etat » (Staatsräson), portée par la mémoire de la Shoah, cette décision constitue un net fléchissement politique, tant sur le plan intérieur qu’européen. L’Allemagne – deuxième fournisseur d’armes d’Israël après les Etats-Unis – a exporté vers ce pays pour 485 millions d’euros d’équipements militaires depuis le 7-Octobre, selon le ministère de l’économie, le 3 juin.