ans le monde entier, les régimes et les valeurs démocratiques subissent des attaques d’une ampleur sans précédent depuis 1945. Cette reculade générale ne doit pas occulter le phénomène inquiétant et spécifique qui saisit de nombreux pays d’Afrique francophone, où les progrès vers le libre choix des dirigeants par les populations, enregistrés depuis les années 1990, sont remis en cause. Ce mouvement est marqué par la mise au pas des opposants, par une répression féroce, et, dans la zone sahélienne, par un huis clos consécutif à l’interdiction des médias indépendants et étrangers.

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Mali : avec l’arrestation de l’ex-premier ministre Moussa Mara, la junte achève de museler la classe politique

Au Mali comme au Burkina Faso, pays longtemps présentés comme porteurs d’espoir démocratique, les juntes militaires qui ont pris le pouvoir en 2020 et en 2022 ne prennent même plus la peine d’évoquer la perspective d’élections. Tous les partis politiques maliens ont été dissous en mai et le général Assimi Goïta fait surveiller, enlever et emprisonner ses détracteurs. Jusqu’à incarcérer, vendredi 1er août, l’ancien premier ministre Moussa Mara, à la suite de son message sur les réseaux sociaux appelant à la résistance. Au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré envoie de force les opposants sur le front antidjihadiste.