Emmanuel Macron n’a cessé de le marteler depuis le début de son premier mandat : il veut rompre avec le néocolonialisme, et considérer les pays d’Afrique comme n’importe quels autres dans le monde. « Il n’y a plus de politique africaine de la France », avait-il lancé en 2017, quelques mois après sa première élection, lors d’un échange sous tension avec des étudiants à Ouagadougou. Près d’une décennie plus tard, c’est à Nairobi, au Kenya, qu’il a répété, lundi 11 mai, que l’époque du « pré carré » français, cette Afrique francophone longtemps considérée avec la condescendance de l’ex-colonisateur, est « terminée ».

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Le cadre de cette dernière déclaration, un sommet intitulé « Africa Forward » (« en avant l’Afrique »), où il a surtout été question d’investissements et d’affaires, reflète le changement d’époque. La France, contestée, voire expulsée de certaines de ces anciennes possessions, cherche à maintenir sa présence sur le continent sur le terrain économique, y compris dans les pays anglophones, sans contentieux historique avec Paris.

Emmanuel Macron accentue ainsi un virage amorcé par ses prédécesseurs, qui consiste à inclure de plus en plus ces destinations dans ses périples africains. Fini les sommets Afrique-France aux relents postcoloniaux et aux avancées incertaines. Le sommet des 11 et 12 mai, organisé pour la première fois dans un pays anglophone, a réuni non seulement 35 chefs d’Etat et de gouvernement de tout le continent, mais aussi quelque 7 000 représentants des sociétés civiles et de grands groupes français et africains.