Rassemblement de partisans du Parti national des citoyens (NCP) à Dhaka, au Bangladesh, le 3 août 2025. MAHMUD HOSSAIN OPU / AP

Situé dans une petite rue de Dacca, le siège du Jamaat-e-Islami, le plus important parti musulman du pays, bourdonne d’activités comme rarement auparavant. Tombé en décrépitude après avoir été scellé des années durant, l’immeuble a été très sobrement rénové. Les cadres enchaînent les rendez-vous avec les partis politiques et les plus hautes sphères du pouvoir, du gouvernement intérimaire aux diplomates étrangers en passant par les directeurs de grands journaux. « Nous n’avons jamais été aussi occupés qu’au cours de l’année qui vient de s’écouler », reconnaît Ahsanul Mahboob Zubair, secrétaire général adjoint du parti, avant de s’engouffrer dans une voiture vers sa prochaine entrevue.

Interdit durant plus d’une décennie, le parti sort à nouveau de l’ombre. Le 5 août 2024, un mouvement étudiant provoquait la chute spectaculaire de l’ex-première ministre Sheikh Hasina, qui dirigeait le pays d’une main de fer depuis quinze ans. Le Bangladesh basculait dans une nouvelle ère. Un gouvernement de transition, emmené par le Prix Nobel de la paix Muhammad Yunus, a quasi immédiatement pris les commandes et a depuis promis l’organisation d’élections au plus tard d’ici au 26 juin 2026.