N
ous sommes à l’époque du premier gouvernement Macron. Corrigeant un article dans lequel il est question de Laurent Nunez, récemment nommé secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’intérieur, je vérifie l’orthographe de son nom, dont il me semble que le second N porte habituellement un tilde qui n’apparaît pas dans le texte.
Le tilde est ce que l’on appelle un « signe diacritique », ou un « diacritique » tout court, du grec ancien diakritikos, « qui sert à distinguer ». Les diacritiques sont ces petits signes que l’on a ajoutés aux lettres à partir de la Renaissance pour modifier la prononciation des mots, au moment où il est devenu patent que les lettres héritées du latin ne permettaient plus de reproduire assez fidèlement les sons du français. Notre langue compte cinq signes diacritiques officiels. Le premier, historiquement, fut l’accent aigu sur le E.
Viendront ensuite l’accent grave, le tréma, l’accent circonflexe et la cédille – le seul diacritique français qui ne s’installe pas au-dessus d’une lettre, le seul aussi à modifier une consonne. Nos voisins européens ont opté pour d’autres signes : il y a l’étonnant petit rond sur le A suédois, artistement nommé « rond en chef », le O barré norvégien, et, plus proche de nous géographiquement, le tilde espagnol, cette petite couleuvre sur le N qui indique qu’il se prononce « gne » au lieu de « n ».






