JONATHAN BURTON POUR « LE MONDE »

L’hégémonie française est bousculée dans bien des domaines, mais il en est un où elle résiste : la pâtisserie. Objet de gloire nationale, celle-ci incarne un savoir-faire inimitable, capable de générer des files d’attente dantesques devant les vitrines, que ce soit pour les fruits en trompe-l’œil de Cédric Grolet ou pour les meringues de Fred (Aux merveilleux). Elle engendre une littérature pléthorique (de Nina Métayer à Ladurée) et des émissions télévisées increvables (la saison 14 du « Meilleur pâtissier » vient d’être tournée).

Attirant des touristes du monde entier, elle permet aussi aux pâtissiers de s’exporter (Yann Couvreur à Miami, Jean-Paul Hévin à Taïwan, Maison Caffet au Japon…). En janvier, un projet d’inscription de la pâtisserie française au Patrimoine culturel immatériel de l’Unesco a même été lancé par l’association Pâtisserie et patrimoine, présidée par Pierre Hermé.

Cet article est tiré du « Hors-Série Le Monde – Big bang dans l’assiette », juillet-septembre 2025, en vente dans les kiosques ou par Internet en se rendant sur le site de notre boutique.

Le raffinement gustatif et esthétique de la pâtisserie française légitime son aura mondiale, mais on s’interroge peu sur sa valeur nutritive. Cette discipline où le sucre, le beurre, la crème, la farine et le chocolat restent les ingrédients de base n’est-elle pas synonyme de malbouffe ? Riche en graisses et en sucres, pauvre en fibres, calorique et dotée d’une faible valeur nutritive, elle correspond en tout cas à la définition. On peut aussi s’étonner que la cuisine française ait fait sa révolution minceur dans les années 1970, et que ce mouvement ne se soit pas plus étendu au domaine sucré.