Une école utilisée comme logement par des personnes déplacées à l’intérieur du pays, à Makalé, dans la région du Tigré (Ethiopie), en juillet 2024. MICHELE SPATARI / AFP

« Trop c’est trop ! » , « Laissez-nous rentrer. » Devant la scène installée sur le square Romanat, place du centre-ville de Makalé, plusieurs centaines de personnes reprennent en chœur, le poing levé, les slogans qui crépitent dans les enceintes. Un peu à l’écart, sous l’ombre d’une tente blanche érigée pour l’occasion, Teklay observe la scène, appuyé sur un long bâton qui lui sert de canne. De son autre main, il frotte les quelques poils blancs qui ont poussé sur ses joues burinées.

« Cela fait quatre ans et demi maintenant que ma vie s’est arrêtée. Chez moi, j’avais des terres et des animaux, on vivait bien, relate cet ancien producteur de sésame du Tigré occidental. Aujourd’hui, je dépends totalement de l’aide des autres, je suis devenu misérable. Il est temps que cela s’arrête. Je veux rentrer chez moi. »

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