Un groupe de soldats appartenant aux nationalistes Fano est rassemblé dans les montagnes du Nord Wollo, région Amhara, en Éthiopie, le 12 mai 2025. ROBIN TUTENGES/HORS FORMAT
La petite route qui conduit aux célèbres églises rupestres de Lalibela, ville nichée dans les montagnes du nord de l’Ethiopie, débouche, en contrebas, sur une grande place vide. Ce site majeur du tourisme éthiopien, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, attire d’ordinaire des dizaines de milliers de visiteurs chaque année. Cet après-midi du mois de mai, la lumière crue du soleil contraint les commerçants à patienter à l’intérieur des boutiques de souvenirs. Une dizaine d’entre elles bordent la place en terre battue, désertée. « Il y a trois mois, il y a eu des combats plus haut dans la ville, relate Fasika (à la demande des personnes interrogées, tous les prénoms ont été modifiés), dont le magasin regorge de figurines, de bijoux et d’étoles bien pliées les unes à côté des autres. Moi, je ne m’en mêle pas. Mais, à cause de toutes ces violences, on ne vit plus. »
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Depuis août 2023, un conflit oppose l’armée fédérale aux Fano, une milice nationaliste de la région Amhara, qui s’étend du nord à l’ouest de l’Ethiopie. Le terme « Fano » a été utilisé dès 2016, lors du mouvement de contestation de la population amhara contre le gouvernement, qui a débouché deux ans plus tard sur l’arrivée au pouvoir de l’actuel premier ministre, Abiy Ahmed. Entre 2020 et 2022, les Fano ont ensuite combattu aux côtés des forces de défense nationale éthiopiennes (FDNE), l’armée fédérale, durant la guerre au Tigré. Les miliciens amhara avaient notamment la charge d’administrer des espaces conquis, situés à l’ouest de cette région. Des territoires sur lesquels ils ont commis des crimes de guerre, selon Amnesty International.






