Elizabeth et Nicolas récupèrent leur fils, Arsène, à l’école, près de leur lieu de travail commun, à Malakoff (Hauts-de-Seine), le 11 juin 2025. TERENCE BIKOUMOU POUR « LE MONDE »

Le front baigné de sueur d’avoir couru et dévalé d’un toboggan, Arsène nous dévisage avec l’air crâne d’un gamin de 4 ans, résolu à impressionner l’inconnue en face de lui. « Je reste ici parce que je suis un grand », lance-t-il en attendant Nicolas (qui a requis l’anonymat), son père, parti chercher ses affaires à l’autre bout du couloir de son école maternelle de Malakoff, dans les Hauts-de-Seine, au sud de Paris.

Nous prenons le chemin menant à l’appartement de cet astrophysicien de 52 ans, situé à dix minutes à pied. Ses trois autres fils de 16, 14 et 9 ans, nés d’une précédente union, nous y rejoindront après leurs activités du mercredi : tennis et ping-pong. Elizabeth, son épouse, nous attend déjà au pied de l’immeuble en compagnie de sa fille Alice, 13 ans. Car l’autrice jeunesse de 43 ans (qui a elle aussi requis l’anonymat) n’a pas le double des clés de l’appartement de Nicolas. De même que ce dernier n’est pas équipé pour ouvrir la serrure du logement d’Elizabeth, situé à Montrouge, la ville voisine, à une douzaine de minutes à vélo. Une famille donc, mais deux toits.