L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) « n’est pas en mesure de garantir que le programme nucléaire iranien est exclusivement pacifique ». Telle est la conclusion de son dernier rapport, publié le 12 juin. Quelques heures après, l’armée israélienne entamait une campagne de bombardements des installations nucléaires de la République islamique aussi intense qu’inédite, destinée à « éliminer » la menace que ce programme fait peser sur l‘existence de l’Etat hébreu, a promis le premier ministre, Benyamin Nétanyahou.

Depuis que Donald Trump a dénoncé, en 2018, le Joint Comprehensive Plan of Action ou plan d’action global commun, l’accord historique conclu trois ans plus tôt par l’Iran, les membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU (les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la France et le Royaume Uni), l’Allemagne et l’Union européenne, la République islamique s’est très largement affranchie des obligations qu’elle avait acceptées dans ce cadre, en échange d’une levée des sanctions internationales.

Ses installations produisent désormais de l’uranium enrichi à 60 %, qui reste sous le seuil militaire (90 %), mais constitue une étape majeure pour atteindre ce seuil. Si elle continue à nier toute militarisation de son programme, la République islamique est toutefois devenue de fait un « Etat du seuil », que seuls une décision politique et quelques mois au plus séparent de l’acquisition de l’arme atomique.