« Vendez l’Amérique. » Les soubresauts causés par les va-et-vient de Donald Trump sur les droits de douane ont provoqué un mot d’ordre hautement inhabituel à travers le monde de la finance : il faut vendre (une partie de) ses actifs américains pour ne pas trop s’exposer aux coups de tête du président américain. Dans cette logique, de nombreux investisseurs se sont séparés à la fois de leurs actions américaines, de leurs obligations américaines et de leurs dollars. Si le marché des actions a rebondi, au moins temporairement, le billet vert demeure en recul de presque 10 % face à l’euro depuis février.

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« Le dollar a beau perdre de sa superbe, l’euro n’attire pas plus. Pire, l’or lui est passé devant comme deuxième actif de réserve »

Vendre l’Amérique, d’accord, mais pour acheter quoi ? La réponse est loin d’être évidente. Le Japon traîne une économie atone, la Chine n’est pas un partenaire fiable, les pays émergents sont très volatils. Théoriquement, l’Europe pourrait tirer son épingle du jeu. Elle n’est pas dynamique mais elle est riche, et l’Etat de droit y est respecté. Dans ces circonstances, l’euro, qui est la deuxième monnaie au monde, mais trois fois moins importante que le dollar, pourrait-il prendre plus d’importance ? L’enjeu est majeur : il y va de la souveraineté européenne, avec à la clé la capacité du Vieux Continent à se financer plus facilement. Au bout de la logique, il s’agit de faire basculer le « privilège exorbitant du dollar » vers un « privilège exorbitant de l’euro ».