L’écrivaine mexicaine Fernanda Melchor, à Paris, en 2022. LAURA STEVENS/MODDS
Depuis la parution de La Saison des ouragans (Grasset, 2019), roman très faulknérien sur le meurtre d’une sorcière dans un Mexique miné par la pauvreté, la violence et la misogynie, Fernanda Melchor s’est imposée comme l’une des écrivaines les plus percutantes d’Amérique latine. Son aptitude à creuser et à sonder les maux de son pays s’est confirmée dans Paradaïze (Grasset, 2022), où elle plonge dans le quotidien d’un complexe résidentiel sécurisé pour ultrariches, mais ce talent se manifeste déjà dans son premier livre, Ici, c’est pas Miami.
Dans ce recueil de reportages littéraires et de récits personnels (écrits pour la plupart entre 2002 et 2011), qui paraît aujourd’hui en France, douze ans après sa première publication au Mexique, l’autrice livre un portrait sans concession de Veracruz, dans le golfe du Mexique, près de laquelle elle est née, en 1982 : à l’encontre de l’image de carte postale qui accompagne cette ancienne ville coloniale et ses plages paradisiaques. « Une époque de grande violence s’est ouverte à partir des années 2006-2007, quand le nouveau gouvernement a déclaré la guerre aux cartels. J’ai eu envie de voir comment cette violence changeait le visage de la ville, mais aussi de comprendre comment nous participions tous à la corruption dans notre quotidien : par exemple, en donnant des pots-de-vin ou en consommant de la drogue », explique la romancière au « Monde des livres », de Puebla, au centre du pays, où elle vit désormais.








