Un patient attaché avec une chaîne dans un centre de désintoxication informel dans la banlieue de Freetown (Sierra Leone), le 26 avril 2025. PATRICK MEINHARDT / AFP

« Je me suis fait la promesse de ne plus replonger… Le “kush”, ça nous tue à petit feu », souffle Mariama en remplissant un sac de tout ce qui reste de sa vie après sept semaines dans l’un des seuls centres de désintoxication de Sierra Leone, à cause de cette drogue dévastatrice qui a ruiné son mariage.

En avril 2024, le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, déclarait l’état d’urgence face à l’hécatombe des décès et aux ravages du « kush », drogue de synthèse bon marché et extrêmement addictive. Le seul centre national de désintoxication de ce pays très pauvre a pu offrir une cure à 309 toxicomanes depuis son ouverture en février 2024. Un second centre officiel vient d’ouvrir, le 16 mai, dans le Sud.

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En ce jour de fin avril en périphérie de Freetown, 52 Sierra-Léonais âgés de 17 à 35 ans, la plupart tombés dans le kush quand ils étaient étudiants, retrouvent leurs familles et la liberté après leur cure : sept semaines dans un camp, gardés par des militaires et encadrés par un personnel médical et des travailleurs sociaux. Certains ont encore un regard habité ou gardent une lenteur dans leur élocution.