Louis Wolfson. Extrait du documentaire « Sqizo », de Duccio Fabbri (2020). EPSIFILM - FILMAFFAIR/COLLECTION PROD DB
« Un certain Louis Wolfson », d’Etienne Fabre, postface de Paul Auster traduite de l’anglais par Christine Le Bœuf, Séguier, « L’indéfinie », 208 p., 21 €, numérique 15 €.
Il y a parfois plus de fiction dans la vraie vie des écrivains que dans les romans d’imagination. Mais qu’est-ce qu’une vie « vraie », quand elle est vouée à l’écriture ? On se pose la question en lisant Un certain Louis Wolfson, le roman qu’Etienne Fabre consacre à un acteur fort singulier de ce qu’on appellera, avec précaution, « l’histoire littéraire ». Le cas de Louis Wolfson interroge en effet la notion même de littérature, puisque cet Américain, né à New York en 1931, dont on ignore ce qu’il est aujourd’hui devenu, a surgi dans les années 1960 comme un pur phénomène au milieu du paysage balisé des lettres françaises. Le manuscrit qu’il envoie alors chez Gallimard, écrit directement en français, ou plutôt dans une langue s’appropriant à sa façon le français, enthousiasme ainsi Raymond Queneau, tandis que de larges extraits en sont rapidement publiés dans Les Temps modernes, la revue de Jean-Paul Sartre.






