« Ce n’est pas à un responsable politique d’employer ces termes, c’est aux historiens, en temps voulu. » Questionné, sur le plateau de TF1, sur son refus de qualifier la situation à Gaza de génocide, Emmanuel Macron a botté en touche, le 13 mai. Depuis, le ton du président de la République à l’égard des responsables israéliens s’est fait plus menaçant, mais il n’a pour l’heure pas changé de vocabulaire pour caractériser la catastrophe humanitaire en cours dans la bande de Gaza.

Une lourde charge historique pèse sur les responsables politiques lorsqu’ils invoquent cette notion, inventée après la seconde guerre mondiale par Raphaël Lemkin, juriste polonais d’origine juive réfugié aux Etats-Unis. En créant ce mot, Lemkin voulait empêcher la reproduction « de l’innommable » : la Shoah. L’interdiction du génocide a ensuite été adoptée par l’Organisation des Nations unies comme un « principe fondamental qui s’applique en tout et sans exception à toute l’humanité ».

Les juges de la Cour internationale de justice (CIJ) ont estimé, dès le 26 janvier 2024, qu’il existait un risque « plausible » de génocide à Gaza. Alors, quels sont les critères juridiques d’un génocide ? Pourquoi une large partie de la communauté internationale refuse d’employer ce terme pour qualifier le sort des Gazaouis ? Que font les instances juridiques mondiales, telle que la CIJ, face à ce conflit ? Dans cet épisode du podcast « L’Heure du Monde », Stéphanie Maupas, journaliste spécialiste de la justice internationale au Monde, fait la lumière sur cette notion aussi sensible que complexe.