LETTRE D’ABIDJAN

Dans une photo tirée d’Instagram et mise en ligne en janvier 2021, un jeune homme ivoirien pose avec une cannette de Vody. WILFRIEDYAO14/INSTAGRAM

De la caféine, de la taurine, beaucoup de sucre, et 18 à 22 % de vodka. Si les Français découvrent tout juste la Vody – version bon marché du cocktail vodka-Red Bull –, devenue populaire au sein de la jeunesse, en particulier antillaise, et de la diaspora ouest-africaine, celle-ci est déjà bien connue des Ivoiriens. Le gouvernement a même fait interdire son importation en Côte d’Ivoire, en octobre 2023, après la mode « Kadhafi », qui voyait de jeunes internautes se filmer en avalant des cachets de Tramaking, un puissant antidouleur, à grandes rasades de Vody. Une combinaison qui a causé des accidents parmi les couches les plus défavorisées de la jeunesse abidjanaise. Pour autant, les reportages et articles n’ont pas entamé la popularité de la boisson.

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De quoi susciter l’inquiétude du ministre de la santé français, Yannick Neuder, qui s’est saisi du sujet, le 21 mai, à la tribune de l’Assemblée nationale après avoir été interpellé par le député guadeloupéen Olivier Serva (LIOT). Qualifiant la Vody de « véritable fléau », M. Neuder a dénoncé « un marketing extrêmement agressif pour notre jeunesse, avec des impacts sur leur santé, cardio-vasculaires, neurologiques », et déclaré envisager l’interdiction du produit, voire la mise en place d’une réglementation européenne.