Paul Joubert, aux éditions Maison pop, à Paris, le 16 mai. LUDOVIC CARÈME / AGENCE VU’ POUR « LE MONDE »
Paul Joubert fend la foule, marche frénétiquement, à vive allure, observe tout, des plus hauts balcons d’un immeuble haussmannien aux déchets d’un chantier éparpillés sur le pavé d’un boulevard. Il vient de publier son deuxième roman, La Théorie du bourdon, l’histoire d’un enfant capable de voler et qui, au fil des années, cherche à conserver son étrange pouvoir, malgré l’austérité et le sérieux qui caractérisent le monde des adultes.
De son côté, l’écrivain de 31 ans garde les pieds sur terre, et s’adonne à la contemplation de la ville. Il sonde la forêt de bâtiments, les allées, contre-allées, ruelles de Paris, à la recherche de ces anomalies discrètes que la plupart des passants ne semblent pas remarquer, mais qui n’échappent pas à son œil aiguisé. « Ce que je fais ? C’est une pêche aux détails urbains », explique-t-il, l’esprit et le regard ailleurs. Dès qu’il aperçoit quelque chose qui l’amuse ou l’intrigue, le voilà qui s’arrête net, dégaine son smartphone et filme la curiosité. Ce peut être un pigeon picorant un gâteau d’anniversaire, une statue de la Vierge juchée sur un balcon ou un mannequin dans un magasin à l’abandon. Quelles qu’elles soient, ces petites séquences capturées lors de ses promenades finiront par former l’une de ses vidéos publiées sur les réseaux sociaux, où environ 300 000 personnes suivent son compte, « Grosso modo » : une « balade de [s]on imagination », série d’incongruités filmées dans la rue, transformées par ses phrases.






