Gershom Scholem, à Berlin, en 1917. COLLECTION DE LA BIBLIOTHÈQUE NATIONALE D’ISRAËL
« Quitter Berlin. Journal de jeunesse. 1913-1923 » (Tagebücher nebst Aufsätzen und Entwürfen bis 1923), de Gershom Scholem, traduit de l’allemand par Sacha Zilberfarb, édition d’Angela Guidi et Sacha Zilberfarb, préface de Johann Chapoutot, introduction de Sonia Goldblum, postface de Giulio Busi, Rue d’Ulm, « Versions françaises », 540 p., 29 €, numérique 20 €.
Voici le journal d’un esprit ardent, rédigé à l’époque d’une Europe en flammes, et qui nous est donné à lire tandis que la guerre, ici et là, rougit de nouveau l’horizon. Quitter Berlin. Journal de jeunesse. 1913-1923 est la chronique existentielle et intellectuelle tenue par Gershom Scholem (1897-1982) entre ses 15 et 26 ans. Inédite en français, elle offre, à travers la belle traduction de Sacha Zilberfarb, un point de vue crépitant sur la construction identitaire, philosophique et politique de celui qui deviendra un grand spécialiste de la mystique juive et un professeur mondialement reconnu de l’Université hébraïque de Jérusalem, qu’il contribue à fonder en 1925.
« L’échec de l’assimilation »
Quand il commence la rédaction de son journal, le jeune Gerhard n’a pas encore hébraïsé son prénom ni émigré vers la Palestine, ce qu’il fera en 1923. Il vit à Berlin, chez ses parents, dans une famille d’imprimeurs, emblématique de la petite bourgeoisie juive assimilée, qui rêve d’incarner l’harmonie entre germanité et judéité, louée à l’époque par le philosophe Hermann Cohen (1842-1918).






