David Prudhomme dans son atelier chez lui, à Bordeaux, le 17 avril 2025. MARLÈNE AWAAD POUR « LE MONDE »
Et si le silence était la meilleure manière de dessiner la musique ? Sur les planches de Rébétissa (Futuropolis, 2024), les doigts parcourent les instruments, les visages du public s’éclairent. Soudain, le rébétiko, musique populaire aux relents interlopes de la Grèce des années 1930, « appelle » un danseur qui, les yeux fermés, se lève et se laisse porter par la mélodie. Pas de texte, pas de paroles, pas de petites notes dessinées pour suggérer une bande-son. « La bande dessinée, ce sont des images qui se juxtaposent », rappelle simplement l’auteur, David Prudhomme, 55 ans, lorsque nous le rencontrons, début mai, près de la gare Montparnasse, à Paris. « Quand on la lit, il n’y a que le bruit des pages que l’on tourne. »
Le dessinateur a joué avec ce manque : il ne s’agit pas tant de faire entendre un son que de montrer les émotions. « Tout élément graphique qui aurait pu souligner l’idée de musique aurait été superfétatoire, insiste-t-il. Il fallait recréer, à la lecture, l’illusion de la chose impalpable qu’est la musique ».
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