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’Office fédéral allemand pour la protection de la Constitution a désigné, le 2 mai, le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) comme présentant des « aspirations extrémistes avérées ». Se prévalant des scores obtenus par leur parti, arrivé deuxième aux élections anticipées du 23 février, avec 20,8 % des voix, les coprésidents Tino Chrupalla et Alice Weidel ont, sans surprise, dénoncé une atteinte à la démocratie.

Les Américains Marco Rubio, J. D. Vance et Elon Musk, prompts à cibler le cœur du libéralisme constitutionnel européen, leur ont immédiatement emboîté le pas. Dès le 8 mai, l’Office a annoncé suspendre sa classification afin de laisser au tribunal administratif de Cologne, saisi d’un recours en urgence, le temps de statuer.

Cette suspension provisoire n’enlève rien à l’intérêt du sujet : elle souligne au contraire l’importance du respect du droit et du temps de la justice, au cœur de l’Etat de droit, respect sur lequel s’est reconstruite la démocratie allemande après la seconde guerre mondiale. Comment oublier que l’Allemagne post-1945 a délibérément construit son ordre constitutionnel en réaction aux dérives de la fin de la République de Weimar et du régime totalitaire nazi ?