La sociologue sénégalaise Fatou Sow, à Nanterre, en août 2018. DEUXPLUSQUATRE / WIKIMEDIA COMMONS
Au Sénégal, l’arrivée au pouvoir, en mars 2024, d’une nouvelle équipe dirigeante qui promettait une rupture avec les pratiques passées, n’a pas amélioré la représentativité des femmes dans les plus hautes instances du pays. Ainsi, le gouvernement d’Ousmane Sonko ne compte que quatre femmes (13 %). Le signe d’un « manque de volonté politique », selon la sociologue Fatou Sow, « alors que les femmes sénégalaises prouvent leurs compétences dans tous les autres domaines de la société ». A 84 ans, la féministe sénégalaise, longtemps enseignante-chercheuse à l’université Paris-Diderot et à l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, était honorée, jeudi 15 mai à Dakar, lors d’un symposium sur la « démocratie au féminin ».
Pourquoi, quinze ans après l’instauration de la parité au Sénégal, les femmes sont-elles encore largement exclues du jeu politique ?
Après la mise en place de cette loi sur la « parité absolue » entre les sexes dans toutes les institutions électives, votée sous la présidence d’Abdoulaye Wade [2000-2012], nous sommes parvenus à 44 % de femmes élues au Parlement en 2022, contre 40 % lors des dernières législatives, en novembre 2024. Alors qu’on avait gagné quelques batailles, on constate que tout recule. Qui aurait pu imaginer qu’avec des dirigeants aussi jeunes [le président Bassirou Diomaye Faye a 45 ans, le premier ministre 50 ans], nous aurions aussi peu de femmes au gouvernement ?






