A Yaoundé, en octobre 2018. MARCO LONGARI / AFP

Grâce à Clarence Yongo, le féminicide de Diane Yangwo a échappé à l’invisibilité qui frappe la plupart des victimes de violences basées sur le genre (VBG) au Cameroun. Le récit que la journaliste avait fait, sur son média en ligne Griote TV, du drame vécu par cette jeune professeure d’anglais, mère de trois enfants âgés de 3 à 8 ans, morte le 18 novembre 2023 dans un hôpital de Douala des suites de la pluie de coups assénés quatre jours plus tôt par son mari, Eric Bekobo, avait d’abord provoqué une émotion très vive.

Puis une réelle indignation, dix-huit mois plus tard – qui avait débordé bien au-delà des cercles militants des droits humains –, liée à la mansuétude de la juge à l’égard de l’accusé, violent notoire : cinq ans de prison pour coups mortels (et non assassinat), assortis d’un sursis en raison d’un casier judiciaire vierge, et 52 000 francs CFA (79 euros) d’amende. « Voilà le prix d’une femme au Cameroun… », se lamente Clarence Yongo. La famille de Diane Yangwo a fait appel du jugement. Le condamné, lui, s’est évanoui dans la nature.

« Cette mobilisation des responsables politiques et de l’opinion publique n’a pu fonctionner que parce que nous avons suivi l’affaire au tribunal et que la famille a tenu bon. Malheureusement, le cas Diane Yangwo n’est que la partie émergée de l’iceberg », regrette la journaliste.