« Relations », de François Clementz, édité par Jean-Maurice Monnoyer, Vrin, « Analyse et philosophie », 454 p., 45 €.
Les « relations » sont partout. Qu’il s’agisse de comparer, de différencier ou d’opposer, d’innombrables opérations de la pensée tissent des liens entre les choses, leurs propriétés ou encore les actions qu’elles suscitent. Dans la recherche scientifique la plus pointue, la vie quotidienne la plus banale, la méditation métaphysique la plus ardue, on ne cesse de relier des éléments entre eux. L’idée multiforme de relation traverse donc aussi bien la logique que la psychologie, elle importe à l’esthétique autant qu’à la réflexion politique. Malgré tout, le statut de cette notion centrale demeure mal élucidé. Les relations existent-elles uniquement dans notre esprit ? Sont-elles déjà dans les choses mêmes, indépendamment de notre pensée ? Comment savoir, comment avancer vers des réponses nettes ?
Un philosophe français a consacré une large partie de sa vie et de son œuvre à préciser ces questions. François Clementz (1950-2021), agrégé de philosophie en 1972, auteur d’une thèse sur Bertrand Russell (1872-1970), professeur à l’université d’Aix-Marseille, a élaboré autour de la notion de relation une longue série d’analyses savantes et subtiles. De 1983 à 2019, il a publié une bonne trentaine d’articles de recherche dans des revues spécialisées et des volumes collectifs – mais aucun livre, habitude fréquente dans la recherche anglo-saxonne, assez rare en France. Ce retrait volontaire explique que son nom, connu de ses pairs, soit resté ignoré du public.






