En 2531, tous les Japonais s’appelleront Sato… tel est le résultat d’une étude réalisée par Hiroshi Yoshida, économiste de l’université de Tohoku. En cause, une pratique ancienne que le Japon est désormais le seul au monde à maintenir : imposer aux couples mariés d’adopter un nom de famille unique. Si rien ne change, il ne restera plus que des Sato, qui représentent aujourd’hui 1,5 % de la population. Outre l’uniformisation des patronymes, la pratique est un frein au mariage dans un pays à la démographie en berne.

Rien n’indique un changement car la coalition au pouvoir a annoncé, lundi 12 mai, son intention de ne pas voter un projet de loi déposé par le Parti démocrate constitutionnel (PDC, opposition) autorisant le choix de garder ou non son nom de famille au moment du mariage. Le PDC bénéficiait du soutien de la principale confédération patronale, le Keidanren, qui juge le système actuel daté et lourd administrativement. La proposition a aussi reçu l’appui de la chanteuse Hikaru Utada, dont le dernier titre, Mine or Yours, sorti le 2 mai, dit : « Je me demande en quelle année de Reiwa [l’ère impériale actuelle] les noms de famille distincts seront acceptés dans ce pays. »

Le débat concerne l’article 750 du Code civil adopté en 1898, qui stipule qu’un mari et une femme doivent adopter un nom de famille unique lors du mariage. Dans 95,5 % des cas, les femmes renoncent à leur nom et prennent celui de leur mari. En cas de divorce, elles doivent attendre un an avant de pouvoir utiliser de nouveau leur patronyme.