Hamlet à l’Usine C, Visages à l’Espace Go, Laarm de Ploers et Ne vous faites pas de souci au théâtre Prospero, Glissant glissant au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, L’empire du castor à l’Espace libre, Que notre joie demeure au théâtre du Nouveau Monde… La saison théâtrale montréalaise 2025-2026 a compté plusieurs spectacles en français intégrant des termes, des répliques ou des passages en anglais. Et cela, c’est sans mentionner le Macbeth des finissants de l’École nationale de cirque, dans lequel les deux langues alternaient. Cette tendance se prolongera-t-elle cette saison ?La réponse à cette question, s’il en existe une à l’aube de la reprise des activités scéniques, dépend peut-être en partie de l’usage qui est fait des emprunts à la langue anglaise. Car ils peuvent naître de diverses circonstances (par exemple, quelques courtes phrases en anglais ont été insérées dans la traduction d’Ah, ta yeule l’obscurité !, présenté au théâtre de Quat’sous, pour mieux intégrer la présence sur scène de l’artiste anglophone Jon Lachlan Stewart) et porter différents sens. Dans la trilogie « glissante » de François Ruel-Côté (Poisson glissant, Terrain glissant et Glissant glissant), l’anglais représente en quelque sorte l’idiome du vilain, de l’antagoniste. Dans Laarm de Ploers, de Christian Lapointe, il sert à dépeindre une dystopie où la langue de Gates, Musk et Trump a cannibalisé toutes les autres jusqu’à les éradiquer.