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ReportageDix ans après les destructions commises par l’EI, la fondation Aliph s’engage dans la restauration du musée de Palmyre et des œuvres martyrisées par le groupe djihadiste.
Au loin, les colonnades se découpent dans le paysage, veillées par la citadelle accrochée sur sa colline. Emergeant du désert sous un soleil cuisant, l’antique cité de Palmyre semble défier le temps, comme immuable. Mais, à mesure que l’on approche, le décor bascule dans un spectacle de désolation, d’une violence inouïe. Temples disloqués, colonnes brisées en un tapis de gravats… Deux vendeurs de colliers agitent en vain leurs breloques : à des kilomètres à la ronde, pas l’ombre d’un touriste. Seul un couple syro-canadien a bravé les quatre heures de route et six checkpoints depuis Damas pour faire découvrir à leurs trois enfants ce joyau supplicié.
Classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, Palmyre, dont les premières traces remontent au deuxième millénaire av. J.-C., a longtemps constitué la « vitrine » de la Syrie, d’une beauté si saisissante qu’elle occultait les atrocités de la dictature des Al-Assad, père et fils, et la tristement célèbre prison de Tadmor dans la partie moderne de la ville. Un héritage grandiose, au croisement des mondes araméen, gréco-romain et perse, que l’histoire contemporaine est venue brutalement fracasser. Dès 2011, le site est disputé par la rébellion et les forces syriennes soutenues par l’armée russe. Lorsque, en mai 2015, l’Etat islamique (EI) s’empare de la ville, Palmyre bascule dans la barbarie.







