Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement International International International Attentats du 11 septembre 2001 Attentats du 11 septembre 2001 Attentats du 11 septembre 2001 Dans un entretien au « Monde », Olivier Roy, politologue, explique pourquoi, un quart de siècle après les attentats de 2001, les Etats-Unis n’ont d’autre choix que de normaliser leurs relations avec les talibans, qui, à l’époque, hébergeaient et protégeaient Al-Qaida en Afghanistan. Article réservé aux abonnés Politologue français, agrégé de philosophie, spécialiste de l’islam politique, Olivier Roy est né le 30 août 1949 à La Rochelle. Diplômé de persan à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), il est l’un des analystes les plus fins de l’Afghanistan, où il a séjourné dès l’époque de l’invasion soviétique, à l’aube des années 1980. Depuis 2009, il est professeur à l’Institut universitaire européen de Florence (Italie). Quel est le bilan des Etats-Unis en Afghanistan ? En août 2021, ils ont rendu les clés du pays aux talibans, qu’ils avaient chassés du pouvoir après les attentats du 11 septembre 2001. Aujourd’hui, ils normalisent leurs relations avec eux pour des raisons sécuritaires. Après la défaite, l’humiliation ? Pas forcément. L’intervention des Etats-Unis en Afghanistan en 2001 était de nature sécuritaire et géostratégique : l’objectif était de détruire Al-Qaida et de punir le régime qui avait hébergé son chef, Oussama Ben Laden. Washington ne s’est pas lancé dans cette opération pour changer le sort réservé aux femmes ou faire le bien de la société afghane. De fait, à la mort de Ben Laden en 2011, les Américains avaient atteint leur but de guerre. Mais ils ont continué, un peu par inertie, la politique de state building [« construction d’un Etat »] qu’ils avaient mise en place dès le début de leur intervention, afin de rendre irréversible la défaite d’Al-Qaida. Cette politique visait à installer un régime et des institutions démocratiques, dans l’optique héritée de la guerre froide : établir une démocratie dans une région, c’était disposer, par nature, d’un allié favorable à l’Occident. Elle permettait aussi de rallier autour de la position américaine des milieux occidentaux progressistes, qui défendaient le « droit d’ingérence », en soutien aux sociétés civiles. Droit humanitaire et stratégie sécuritaire semblaient pour une fois aller de pair. Il vous reste 83.39% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.