Les entreprise créatrices d'intelligences artificielles "jouent avec nos vies", alerte Jacob Coxon, un jeune ingénieur, après avoir démissionné d'Anthropic, un des acteurs majeurs du développement d'intelligences artificielles. Cette déclaration choc a fait le tour du monde, mais selon la chercheuse Laurence Devillers, elle relève d'une "rhétorique extrême, qui extrapole à partir de faits non vérifiés."

Radio France

Publié le 11/09/2026 12:44

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"Les gens qui construisent l'IA croient qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie". C'est ce qu'a écrit Jacob Coxon, le 9 septembre, sur le réseau social X, après avoir claqué la porte d'Anthropic. Le jeune chercheur de 27 ans travaillait depuis trois ans sur le pré-entraînement des modèles d'IA, l’étape pendant laquelle ils intègrent d'immenses quantités de données. Avant lui, d'autres chercheurs avaient déjà mis en garde contre les dangers liés aux IA les plus puissantes. "Si le but c'est de nous faire réagir, c'est très bien, mais c'est très exagéré", tempère Laurence Devillers, professeur spécialiste de l'intelligence artificielle à Sorbonne Université, chercheuse au CNRS et autrice de Savoir vivre avec l’IA, publié chez Denoël.Franceinfo : une IA qui menace l’humanité d’extinction, est-ce que cela vous semble crédible ?Laurence Devillers : je pense qu'il y a énormément de risques à utiliser l'IA sans la contrôler, mais parler d’extinction de l'humanité, c’est entrer dans une rhétorique extrême, qui extrapole à partir de faits non vérifiés. Cette angoisse crée une vraie déstabilisation mondiale ."On ne sait pas ce qu’est une super-intelligence, on ne sait pas la mesurer scientifiquement."Laurence Devillers, professeur spécialiste de l'intelligence artificielle à Sorbonne Université, chercheuse au CNRS et autrice de "Savoir vivre avec l’IA", publié chez Denoëlà franceinfoEt on ne sait pas à quoi correspondent ces 10%, ni d'où sort ce chiffre. Il y a là une sorte d'escalade dans l'anxiété, dans la peur. Si le but c'est de nous faire réagir, c'est très bien, mais c'est très exagéré.Certaines IA peuvent s'améliorer toutes seules, est-ce qu’elles peuvent nous échapper ?On crée des systèmes qui peuvent s'autoalimenter, donc, effectivement, on prend le risque qu’ils apprennent des choses qu'ils ne devraient pas apprendre, ou prennent des libertés qu'ils ne devraient pas prendre. Mais ce n'est pas la première fois qu'on fait ça. L’agent conversationnel Tay, créé par Microsoft en 2016, avait la liberté d'apprendre tout seul et, au bout de 24 heures, il tenait des propos nazis. On avait joué avec en lui parlant de nazisme, et la machine apprenait ce qu'on lui disait, sans discernement.